Le gouvernement cherche la conduite à tenir

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Le délégué interministériel à la sécurité routière, Rémy Heitz, a indiqué dimanche que des "aménagements du permis à points", pour le rendre "plus juste", étaient à l'étude.
Le délégué interministériel à la sécurité routière, Rémy Heitz, a indiqué dimanche que des "aménagements du permis à points", pour le rendre "plus juste", étaient à l'étude. — Mychèle Daniau AFP/Archives

Plus du triple en un an. En 2005, 33 030 automobilistes ont été contrôlés sans permis contre 9 756 l'année précédente. Pour beaucoup, cette inflation est le résultat de la politique répressive menée depuis quatre ans, qui a provoqué un nombre croissant de permis retirés. Résultat, le gouvernement pourrait « aménager » le permis à points pour le rendre « plus juste » et « lutter contre la conduite sans permis », selon Rémy Heitz, délégué interministériel. La réduction, voire la suppression du délai de six mois pour repasser un permis invalidé, serait à l'étude. Cette proposition pourrait être validée à la fin du mois, lors du comité interministériel sur la sécurité routière.

L'idée a été reprise hier par le ministre des Transports, Dominique Perben, qui présente ce matin le bilan 2005 sur les routes. Le ministre a également indiqué que le délai de trois ans sans infractions pour récupérer des points pourrait être revu. En revanche, pas question d'assouplir les sanctions pour les petits excès de vitesse. Une réforme réclamée par les associations d'automobilistes (lire ci-dessous) et relayée ce week-end par le sarkozyste Christian Estrosi, ministre à l'Aménagement du territoire. Alors que se profile l'élection présidentielle, ce dernier a prôné « une politique plus juste pour ceux qui ne commettent pas d'infraction grave ». « Il n'est pas question d'alléger les sanctions et de remettre en cause la politique actuelle de fermeté qui paye. Elle a permis d'économiser près de 8 000 vies », a répondu Dominique Perben.

Les associations de sécurité routière ont réagi différemment à ses annonces. La Prévention routière soutient la suppression du délai de six mois, mais à condition de « rendre obligatoire le stage de deux jours de sensibilisation aux risques routiers en place depuis 1992 ». La Ligue contre la violence routière a jugé, elle, une telle annonce « irresponsable ». « Si le public retient que la clémence sera plus grande pour les petits excès de vitesse, il y aura un relâchement et une hausse des accidents », a prédit dimanche sa porte-parole, Geneviève Jurgensen.

Bastien Bonnefous