Pierre Gustin: « Rendre obligatoire un stage de sensibilisation aux risques »

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Trois questions à Pierre Gustin, délégué général de la Prévention routière.

Le gouvernement a annoncé que le délai de six mois pour repasser un permis à points invalidé pourrait être bientôt supprimé. Y êtes-vous favorable ?

Nous n’y sommes pas opposés à condition de rendre obligatoire le stage de deux jours de sensibilisation aux risques routiers. Ce stage, aujourd’hui facultatif, existe depuis 1992 [coût par automobiliste : 230 euros pour les deux jours]. Or, deux personnes sur trois qui le suivent modifient leur façon de conduire. Cette mesure serait donc plus pédagogique et efficace que de bloquer les automobilistes durant six mois sans permis, ce qui pose des problèmes professionnels et familiaux. Nous avons déjà évoqué cette possibilité avec les pouvoirs publics : le stage obligatoire devrait être annoncé lors du prochain comité interministériel à la sécurité routière fin juin-début juillet.

Ne craignez-vous pas que le gouvernement soit tenté d’assouplir les sanctions aux infractions routières alors que des échéances électorales approchent ?

Le renforcement de la chaîne prévention-sanction a permis d’épargner 8000 vies en trois ans et demi. Un relâchement serait contre-productif d’un point de vue politicien car il se traduirait par une augmentation du nombre de tués et de blessés sur la route. L’opinion publique ne comprendrait pas.

Le ministre délégué à l’Aménagement du territoire, Christian Estrosi, a pourtant prôné dimanche une «politique plus équilibrée et plus juste pour ceux qui ne commettent pas d’infraction grave»…

Nous ne devons pas être sur la même longueur d’ondes alors. Il n’y a pas de petites et de grandes infractions, il n’existe que des infractions qui mettent en danger la vie d’autrui. Par exemple, ne pas mettre son clignotant est considéré parfois comme une infraction « pas grave » mais peut quand même tuer un cycliste ou un motard. Il en va de même pour les «petits» excès de vitesse. Il est donc hors de question de revenir sur les mesures adoptées.

Propos recueillis par Alexandre Sulzer