Clearstream, garde à vue pour le corbeau

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Le corbeau est entré dans la cage. Hier matin, Jean-Louis Gergorin a été placé en garde à vue dans les locaux de la Division nationale des investigations financières (DNIF), à Nanterre.

Il a donc pu exposer, comme il semblait le souhaiter dans ses entretiens accordés à la presse, pourquoi il a fait parvenir des courriers anonymes au juge Van Ruymbeke, chargé de l'enquête sur les frégates de Taïwan. Cette garde à vue est la première de ce dossier de « dénonciation calomnieuse » instruit depuis 2004 par les juges Jean-Marie d'Huy et Henri Pons. Jean-Louis Gergorin est « heureux de pouvoir enfin s'expliquer », a déclaré son avocat. Cette audition devant les policiers de la DNIF pourrait durer 48 heures et aboutir à la mise en examen de l'intéressé pour « dénonciation calomnieuse ». Parmi les informations attendues, l'ex-directeur exécutif d'EADS pourrait préciser le rôle joué par l'informaticien Imad Lahoud dans l'élaboration des faux comptes de Clearstream transmis à la justice et de quel degré d'informations disposaient Dominique de Villepin et Nicolas Sarkozy au sujet de cette affaire d'Etat. Cependant, Jean-Louis Gergorin a toujours affirmé qu'il ne révélerait pas l'identité de la source qui l'aurait informé sur les rétro-commissions de la vente des frégates à Taïwan et leur éventuel passage par Clearstream. Soit le noeud supposé de l'affaire.

A. S.