Les Vingt-cinq reportent les décisions sur le Traité à 2007

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La Constitution européenne à l'arrêt. Le texte devra encore attendre un an avant d'être fixé sur son sort : les ministres européens des Affaires étrangères ont décidé hier de prolonger leur période de réflexion jusqu'en juin 2007. Après l'échec des référendums français et néerlandais, en juin 2005, ils s'étaient imposé une pause d'un an. Officiellement, cette nouvelle période de réflexion a deux buts : attendre la fin des échéances électorales (présidentielle en France et législatives aux Pays-Bas) et permettre à l'Allemagne, qui prendra la présidence tournante de l'Union en juin 2007, de présenter une proposition de sortie de crise. « Sans doute une version amendée du traité », estime Pascale Joannin de la Fondation Robert-Schuman.

Cette pause révèle surtout le malaise des dirigeants. « Un cache-misère de la perplexité générale, déplore l'UDF Jean-Louis Bourlanges, député européen. Personne ne sachant comment sortir l'Europe de l'ornière, tout le monde dit : il est urgent de réfléchir. » Le député s'alarme de « la crise profonde » que traverse l'UE, la Constitution devant permettre de mieux fonctionner à vingt-cinq. Difficile, selon lui, de réconcilier les trois groupes d'Etats : « Ceux qui, comme Berlin, souhaitent faire plier les “non” français et néerlandais pour conserver la Constitution telle quelle. Ceux qui, comme Paris, veulent en garder certains éléments. Et enfin ceux qui, derrière Londres et Varsovie, ne veulent rien du tout et se contentent du traité de Nice. »

La ratification enthousiasme encore certains pays : l'Estonie, le 15e des Vingt-cinq à avoir ratifié le traité le 9 mai. Et la Finlande, qui s'y attellera en octobre. Mais à Prague l'heure est à l'eurosceptisme. Le président Vaclav Klaus a d'ores et déjà annoncé que son pays ne ratifierait pas le texte.

Mathilde Saljougui