La gauche se déchaîne contre l'amnistie de Guy Drut

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Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Une amnistie qui ne passe pas. La polémique n'a cessé de monter ce week-end concernant l'amnistie présidentielle accordée, vendredi, par Jacques Chirac à l'ex- champion olympique et élu UMP Guy Drut, condamné en 2005 à quinze mois de prison avec sursis dans l'affaire des marchés publics d'Ile-de-France. Drut a été blanchi au regard de la loi du 6 août 2002 qui prévoit d'amnistier les personnes qui se sont « distinguées dans les domaines humanitaire, culturel, sportif, scientifique ou économique ». Vendredi, le chef de l'Etat a jugé sa décision « absolument nécessaire pour défendre les intérêts de la France au sein du Comité international olympique », dont Drut a été suspendu après sa condamnation.

Ce geste a provoqué un tollé. Côté socialiste, François Hollande y a vu une « énième désinvolture » chiraquienne et Ségolène Royal, hier, un « manque de respect des Français ». Noël Mamère (Verts) a accusé Chirac d'agir en « prince d'une République bananière », ajoutant que « Le Pen peut être tranquille, Chirac travaille pour lui ».

À droite, l'UDF François Bayrou a estimé que « ceux qui nous gouvernent perdent le sens commun ». A l'UMP, le sarkozyste Pierre Lellouche a été critique, se demandant si « nous ne sommes pas en train d'aller droit dans le mur ». Seuls les chiraquiens ont défendu la décision du Président. Pour Dominique de Villepin, il n'y a « aucune raison de polémiquer » et Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée, a déclaré que Jacques Chirac « a eu raison ».

(avec AFP)