Clearstream, audition attendue de Gergorin

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Sera-t-il aussi prolixe que dans la presse ces derniers jours ? Jean-Louis Gergorin doit être interrogé demain par les policiers chargés du volet « dénonciations calomnieuses » de la tentaculaire affaire Clearstream. Au coeur de cet interrogatoire crucial : la question de l'origine des listes de comptes trafiqués envoyées à la justice et d'éventuels commanditaires de cette falsification. L'ex-vice-président d'EADS pourrait être placé en garde à vue et, selon les résultats de l'audition, être présenté ensuite aux juges d'instruction Jean-Marie d'Huy et Henri Pons en vue d'une éventuelle mise en examen.

Jean-Louis Gergorin a reconnu dans la presse qu'il était à l'origine de deux des cinq courriers anonymes envoyés en 2004 au juge Renaud Van Ruymbeke pour dénoncer des versements de rétrocommissions à des personnalités notamment politiques, dans l'affaire des frégates de Taïwan. Des informations qui se sont révélées inexactes après enquête du juge Van Ruymbeke. Sauf que Gergorin laisse toujours entendre que ces listings sont authentiques. Justement, les policiers vont être très curieux de connaître la fameuse « source » qui aurait fourni les listes et que l'ancien responsable d'EADS continue de protéger. En effet, celui-ci n'a rien voulu dire de cette source pour le moment, assurant que la vie de cette dernière serait menacée.

Les policiers pourraient aussi profiter des résultats de cette audition pour convoquer dans le même temps, Imad Lahoud, soupçonné d'avoir remis des listings de comptes truqués de Clearstream à Jean-Louis Gergorin. Ce qu'il a toujours nié. Les deux hommes pourraient alors être confrontés.

D. C. (avec AFP)

En fin de semaine dernière, Jean-Louis Debré, président de l'Assemblée nationale, a souhaité que le président Jacques Chirac « fasse preuve d'autorité » pour faire cesser « les petits jeux » qui alimentent l'affaire.