Europe : le camp du « non » est aussi dans l'impasse

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La "Journée de l'Europe" revêt cette année une connotation particulière, notamment en France un an après le "non" retentissant à la Constitution européenne qui, suivi peu après par les Néerlandais, avaient plongé l'Europe dans une crise d'identité dont elle ne s'est pas encore remise.
La "Journée de l'Europe" revêt cette année une connotation particulière, notamment en France un an après le "non" retentissant à la Constitution européenne qui, suivi peu après par les Néerlandais, avaient plongé l'Europe dans une crise d'identité dont elle ne s'est pas encore remise. — Gérard Cerlès AFP/Archives

Un an pour rien ? Douze mois après la victoire du «non» au référendum sur la Constitution européenne, les formations politiques ne semblent pas avoir tiré parti de ce vote populaire, et être restées sur les mêmes positions que lors de la campagne électorale.

Désignés comme vainqueurs le 29 mai 2005, les tenants du « non » n'ont pas réussi à capitaliser sur leur score. Les comités du « non » ont fait long feu, et l'idée d'une « union du non » en vue de la présidentielle 2007 revient périodiquement sans paraître crédible. Hier, José Bové s'est officiellement déclaré « disponible », à gauche de la gauche, pour «conduire une campagne capable de créer une dynamique analogue à celle du “non” au référendum ». « Préférons-nous plusieurs candidats entre 2 et 5 % des voix ou un seul qui, dans le cadre d'une dynamique collective, construise un vrai rapport de forces électoral », s'est interrogé le leader paysan crédité de 9 % d'intentions de votes.

Pas sûr que son appel soit entendu, puisque du côté noniste, LO et Arlette Laguiller sont déjà en campagne, et qu'au PS, Laurent Fabius, présente lui aussi ses idées sur l'Europe (lire ci-contre). Reste la LCR et le PCF, les deux autres grandes formations du « non » de gauche. Pour l'instant, la communiste Marie-George Buffet estime que la mobilisation du 29 mai 2005 «n'est pas retombée» et qu'elle doit se poursuivre par « un programme de rupture avec le libéralisme ». Dans l'opinion, les raisons du « non » semblent toujours. Selon un récent sondage LH2 pour Libération, 98 % des électeurs du « non » il y a un an, affirment ne pas regretter leur vote. Un sentiment sans doute renforcé depuis par la crise sociale et les manifestations autour du Contrat premier embauche.

B. B.

Du côté du « non » de droite, Philippe de Villiers, futur candidat à la présidentielle 2007, veut d'ores et déjà mener une campagne pour « faire respecter le “non” », estimant que « la classe dirigeante fait comme si le oui l'avait emporté ».