Amnistie : les réactions de la gauche et de l'UDF

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 «Privilège judiciaire», «République bananière», «dérive de l'Etat UMP», «énième désinvolture» chiraquienne : l'amnistie de l'ancien champion olympique Guy Drut par Jacques Chirac a soulevé vendredi de vives protestations notamment à gauche et à l'UDF.

A gauche, la condamnation est sans appel. Le numéro 1 du PS François Hollande y voit «une énième désinvolture» de Jacques Chirac et se propose d'«en finir avec ce privilège d'un autre âge».
«Jacques Chirac agit comme le prince d'une République bananière», a tranché le Vert Noël Mamère, avant d'ajouter: «Le Pen peut être tranquille, Chirac travaille pour lui».
Arnaud Montebourg (PS) a une nouvelle fois reproché à Jacques Chirac d'«organiser l'impunité de ses propres amis et de lui-même». Il a dénoncé comme autant de «sources d'écoeurement» les «privilèges judiciaires en série».
«Quelle image pour la France», a lancé de son côté le député européen PS Vincent Peillon, en jugeant «extrêmement choquant ce pouvoir discrétionnaire», qui donne l'impression d'«une justice à deux vitesses».

Pour l'UDF Gilles Artigues, proche du président de l'UDF François Bayrou, l'amnistie de Guy Drut révèle «les dérives de l'Etat UMP» et a «un effet dévastateur».
«Il suffit, en effet, d'être l'ami de l'Elysée pour voir s'effacer une condamnation», a-t-il déploré. Selon lui, «le grand gagnant de tout cela est une fois de plus le Front national».

Parlant d'«auto-amnistie», Philippe de Villiers, président du Mouvement pour la France, a dénoncé «une classe politique corrompue». «Quand ils ne volent pas ensemble, ils se protègent ensemble», a-t-il déclaré dans un communiqué.

A droite, Pierre Lellouche, député UMP de Paris, n'a pas caché son embarras. «Dans le climat actuel, il m'arrive de me demander si nous ne sommes pas en train tous ensemble d'aller droit dans le mur en klaxonnant, en laissant la France à Jean-Marie Le Pen et à Ségolène Royal», a-t-il déclaré.

En déplacement à Bergerac, le Premier ministre Dominique de Villepin a répondu aux critiques en affirmant qu'il «ne voyait aucune raison de polémiquer sur un grand champion».