L'affaire de financement des partis dans laquelle Guy Drut était condamné

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L'amnistie prononcée par le président Jacques Chirac au profit de l'ex-champion olympique et député UMP Guy Drut efface sa condamnation du 26 octobre 2005 à Paris à l'issue du procès du plus gros scandale de financement illégal des partis en France.

Quarante-sept prévenus - des entrepreneurs du bâtiment, des fonctionnaires et des politiques pour l'essentiel - avaient comparu pendant quatre mois en 2005 devant le tribunal correctionnel de Paris, qui avait à juger de cette affaire de corruption emblématique des dérives des années 1990 en France.

Selon l'accusation, dans le cadre d'un pacte de corruption, les entreprises attributaires des marchés de construction en Ile-de-France devaient reverser au début des années 1990 2% des montants de ces marchés aux partis politiques, la plus grosse part du « racket » revenant au RPR, alors dirigé par Jacques Chirac.

L'ancien champion du 110 mètres haies Guy Drut, condamné à quinze mois de prison avec sursis et 50000 euros d'amende, était pour sa part poursuivi pour un emploi « fictif » dans l'une des entreprises du bâtiment incriminées dans ce scandale politico-financier.

Guy Drut, qui n'avait pas fait appel, était accusé d'avoir occupé un emploi fictif entre juin 1990 et février 1993, sous le titre d'attaché de direction de la société Sicra, pour lequel il avait perçu 774 047 francs (environ 119000 euros).

Les principaux prévenus - Michel Giraud, ex-président du Conseil régional d'Ile-de-France et Michel Roussin, ex-directeur de cabinet de Jacques Chirac à la mairie de Paris - avaient pour leur part été condamnés à quatre ans de prison avec sursis. Sur les 47 prévenus, seuls quatre avaient été relaxés.

Le 9 décembre 2005, la commission exécutive du Comité international olympique (CIO) avait annoncé la suspension des « prérogatives et fonctions attachées à la qualité de membre du CIO de Monsieur Guy Drut », en raison de sa condamnation.

La commission d'éthique du CIO prolongeait cependant son enquête jusqu'au 31 mai 2006, « afin d'avoir connaissance de la suite réservée à la demande d'amnistie » de l'ancien ministre de la Jeunesse et des sports (1995-1997). L'amnistie devrait permettre à Guy Drut de siéger à nouveau au CIO.