Marseille, le mobile du chauffard reste flou

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A-t-il agi par vengeance, ou a-t-il perdu le contrôle du véhicule ? Il était encore trop tôt, hier, pour déterminer les raisons du geste de Jean-Louis, l'adolescent de 16 ans qui a violemment percuté et blessé quatre collégiens au volant d'une voiture volée, lundi à Marseille (Bouches-du-Rhône). Le procureur de la République de Marseille, Jacques Beaume, a qualifié son « témoignage » de « très confus », et les enquêteurs semblent être parvenus à la conclusion qu'il ne connaissait pas les victimes. Mais la veille, une source proche de l'enquête avait indiqué que Jean-Louis avait avoué avoir délibérément percuté les quatre jeunes, pour se venger de certaines des filles du collège qui se seraient mal comportées envers ses soeurs. Le jeune chauffard venait de sortir, en compagnie de sa mère, du bureau du juge pour enfants où il avait été convoqué. Selon nos sources, il était sous contrôle judiciaire depuis janvier, impliqué dans une affaire de « home-jacking ». Membre de la communauté du voyage et originaire de Lyon, son épopée a commencé dans un bureau de poste du 13e arrondissement. Il s'est introduit dans un local syndical et y a dérobé le sac à main d'une employée et les clés de son véhicule. Il était alors vraisemblablement sous l'emprise de stupéfiants. Il a finalement été interpellé au pied de chez lui, deux heures après avoir foncé sur le groupe de jeunes et prit la fuite. Il doit être déféré au parquet aujourd'hui. Son casier judiciaire est vierge, mais Jean-Louis était connu des services de police.

Hier soir, le premier collégien fauché, âgé de 14 ans, grièvement blessé au crâne et au visage, était toujours en réanimation dans un état stationnaire à l'hôpital Nord de Marseille. Si l'hypothèse de l'accident est retenue, l'auteur présumé des faits encourt une peine de sept ans de prison. Dix ans si la victime venait à décéder.

L. d. C. et S. H.

Seule une des adolescentes percutées a pu sortir hier de l'hôpital de la Timone. Les trois autres victimes sont toujours hospitalisés.