Le géant EADS en zone de turbulences

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Le groupe germano-américain DaimlerChrysler a indiqué mardi qu'il allait réduire de 7,5% son actuelle participation de 30% au sein du consortium aéronautique européen EADS et que le groupe français Lagardère allait faire baisser sa participation de 15% à 7,5%.
Le groupe germano-américain DaimlerChrysler a indiqué mardi qu'il allait réduire de 7,5% son actuelle participation de 30% au sein du consortium aéronautique européen EADS et que le groupe français Lagardère allait faire baisser sa participation de 15% à 7,5%. — Pierre Andrieu AFP/Archives

Le discret EADS, géant européen de la défense et de l'aéronautique, est au centre de dossiers sensibles. Deux députés, Laurent Emmanuelli et Noël Mamère, ont demandé hier le remplacement du patron, Noël Forgeard qui aurait traité de « singes » des hommes politiques. L'entreprise, très rentable financièrement, apparaît en difficulté.

  • Sogerma EADS se trouve au sein d'une polémique sociale. Après avoir annoncé la fermeture du site de sa filiale Sogerma à Mérignac (Gironde), qui emploie 1 240 salariés, le groupe est soumis à une forte pression du gouvernement. Le Premier ministre s'est rendu hier sur place et le ministre de l'Economie, « choqué » par la méthode, juge les explications d'EADS « insuffisantes ». Résultat, le groupe étudie une « réindustrialisation partielle » du site.
  • Clearstream EADS est aussi au centre du scandale Clearstream. Jean-Louis Gergorin, corbeau avoué, est l'ancien nº 2 du groupe. Il a expliqué que c'est au cours de ses activités au sein d'EADS qu'il a enquêté sur Clearstream et sur un éventuel réseau de blanchiment. Ont ressurgi alors les anciens conflits entre Philippe Camus et Noël Forgeard, le coprésident d'EADS, pour la direction du groupe. Par ailleurs, le dossier des frégates vendues par Thomson à Taïwan, sur lequel enquête le juge Van Ruymbeke, réapparaît en filigrane. Alors que Thomson – aujourd'hui, Thales – aurait dû se rapprocher d'EADS en avril.
  • Airbus EADS, actionnaire majoritaire d'Airbus, vient de voir un de ses projets phares, l'A350, remis à plat. Il faut plus de places assises pour concurrencer le Boeing 787. La mise en service est repoussée de deux ans et le surcoût pourrait atteindre 4 milliards d'euros. Si l'A380 a été le clou du Salon aéronautique de Berlin, Airbus ne compte que 159 commandes fermes. La première compagnie japonaise vient de déclarer qu'elle n'en commandera pas.

A. S.

Les juges enquêtant sur le corbeau ont entendu hier le directeur de cabinet du ministre de la Défense. Ils doivent déterminer s'il savait que Gergorin avait rencontré secrètement le juge Van Ruymbeke. La Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN) a été saisie lundi par la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, d'une demande de levée du secret-défense sur des documents saisis lors de l'enquête Clearstream.