Le bac, nouveau défi des anti-CPE

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Etre enfant d'enseignants, être une fille et avoir eu un an d'avance pendant sa scolarité augmentent sensiblement les chances d'obtenir le baccalauréat et de poursuivre des études supérieures longues, selon une étude que publie lundi le ministère de l'Education nationale.
Etre enfant d'enseignants, être une fille et avoir eu un an d'avance pendant sa scolarité augmentent sensiblement les chances d'obtenir le baccalauréat et de poursuivre des études supérieures longues, selon une étude que publie lundi le ministère de l'Education nationale. — Pierre Verdy AFP/Archives

Hier ils hurlaient dans les rues « retrait du CPE », aujourd'hui, ils planchent d'arrache-pied. A moins de trois semaines du bac, dont le coup d'envoi sera donné le 12 juin, professeurs et lycéens travaillent de concert pour tenter de rattraper le retard accumulé lors des semaines de lutte contre feu le contrat première embauche.

A grand renfort de cours supplémentaires casés sur les heures du déjeuner, le soir, voire le week-end, les bacheliers, « hyperstressés » selon leurs propres termes, mettent les bouchées doubles. « Ils sont même venus nous demander d'ouvrir les salles informatiques le samedi matin, pour consulter les polycopiés mis en ligne par leurs professeurs », explique le proviseur du lycée Jules-Siegfried à Paris, qui s'amuse de voir « les profs aussi stressés que les élèves ». A J -20, c'est un peu la course. « On raccourcit les projets, on va à l'essentiel », explique une prof d'anglais d'un lycée de Niort (Deux-Sèvres).

Reste qu'entre les révisions qu'il faut déjà commencer et le programme qui n'est pas encore terminé, « les élèves ne pourront pas tout rattraper à 100% », estime le proviseur du lycée Lamartine à Paris. Pourtant, de nombreux lycéens ont sacrifié leurs vacances de Pâques pour participer à des stages intensifs de révision. Et certains organismes qui dispensent des cours particuliers à domicile, comme Complétude, ont enregistré au plus fort de la crise 80% d'augmentation du nombre de demandes. En fait, le bac est devenu un challenge pour ceux qui se sont investis dans le mouvement anti-CPE. « L'heure est venue de prouver aux profs et à mes parents que je peux avoir mon bac même après avoir passé deux mois à manifester, sans aller en cours », explique Raoni, en terminale ES au lycée Montaigne à Paris. Mais c'est aussi pour eux-mêmes qu'ils veulent décrocher le précieux sésame. « Ce qu'on apprend en terminale, en philosophie ou en économie par exemple, c'est lié au monde extérieur, à la vie », explique Cyrielle, élève à Bordeaux.

Laure de Charette