Rondot se tait, ses documents parlent

©2006 20 minutes

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Même quand il ne veut rien dire, il fait du bruit quand même. Convoqué de force hier devant les juges d'instruction chargés de l'enquête sur le corbeau de l'affaire Clearstream, le général Rondot a refusé de répondre à leurs questions. Raison invoquée : le refus des juges de lui faire bénéficier du statut de témoin assisté. Mais dans la foulée, de nouvelles notes publiées par Le Monde sont venues parler pour lui. Et elles sont une nouvelle fois à charge contre la défense de Dominique de Villepin. En effet, dans les fiches citées par le quotidien apparaît à plusieurs reprises la mention « protéger D. de V. ». C'est pour cette raison, selon le quotidien, que le général n'aurait pas donné le nom du corbeau aux juges lors de sa première audition, le 28 mars dernier, par crainte de voir le Premier ministre impliqué. D'après les notes, les noms de Jean-Louis Gergorin (qui a reconnu être l'auteur des lettres anonymes au juge Van Ruymbeke) et d'Imad Lahoud « relevaient du secret de Polichinelle » connu jusqu'à l'Elysée « huit mois » avant l'identification officielle du corbeau. Autre point gênant : une lettre de Rondot à Villepin dans laquelle le militaire fait référence à des instructions données par Chirac à son ministre des Affaires étrangères de l'époque.