Compétitivité emploi: la CFDT prête à négocier, mais "sans précipitation"

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François Fillon a annoncé lundi qu'il avait écrit aux partenaires sociaux pour leur demander d'aboutir à un accord d'ici "deux mois" sur la flexibilité du travail, faute de quoi le gouvernement élaborera un projet de loi qui ne sera toutefois pas examiné avant la présidentielle, en raison du calendrier serré.
François Fillon a annoncé lundi qu'il avait écrit aux partenaires sociaux pour leur demander d'aboutir à un accord d'ici "deux mois" sur la flexibilité du travail, faute de quoi le gouvernement élaborera un projet de loi qui ne sera toutefois pas examiné avant la présidentielle, en raison du calendrier serré. — Lionel Bonaventure afp.com

La CFDT demande lundi au gouvernement de laisser le temps aux syndicats et patronat de "négocier" les accords compétitivité emplois "sans précipitation", prévenant qu'il est "hors de question" de remettre en cause les 35 heures.

La CFDT "prend acte que le président saisit les partenaires sociaux sur les accords compétitivité emploi" et "demande que syndicats et patronat aient le temps de négocier sans précipitation", indique la commission exécutive de la CFDT dans un communiqué.

"La compétitivité ne peut se réduire à une approche uniquement du temps et du coût du travail, sans protection pour les salariés. Il est hors de question, pour la CFDT, de remettre en cause les 35 heures comme durée légale du travail", ajoute le communiqué.

Le secrétaire national de la CFDT Laurent Berger a précisé auprès de l'AFP que la centrale "ne négociera pas sous la double pression du temps et de conclusions déjà écrites". "Il y a des questions lourdes" qui relèvent aussi de "l'association des partenaires sociaux dans la stratégie des entreprises à partir d'un diagnostic partagé", ajoute-t-il en laissant entendre que le délai de deux mois évoqué par Nicolas Sarkozy sera insuffisant.

Le président de la République a demandé dimanche soir aux partenaires sociaux de négocier sur des accords de compétitivité dans l'entreprise "dans les deux mois qui viennent". Le Premier ministre François Fillon doit préciser lundi après-midi les contours de ces discussions.

La CFDT réitère que les mesures annoncées par le chef de l'Etat, "censées favoriser l'emploi et la compétitivité sont inefficaces, précipitées et injustes". Elle réaffirme son opposition à l'augmentation de la TVA "qui aura pour conséquence une détérioration du pouvoir d'achat des salariés les plus modestes et des classes moyennes".

Quant à la baisse des charges patronales "c'est un cadeau de 13 milliards pour les entreprises payé par tous les consommateurs" et "sans garantie que les entreprises l'utilisent pour diminuer leurs prix de production ou augmenter les salaires", estime la centrale.

Pour booster l'alternance, il serait "illusoire de croire", selon la CFDT, qu'"une taxation supplémentaire" des grandes entreprises ou le relèvement de l'objectif de 4 à 5% suffira". "Les 4% sont déjà loin d'être atteints, notamment dans les fonctions publiques pour lesquelles la CFDT réclame un engagement dans le développement de l'alternance".