Clearstream : Décryptage d'une affaire de haut vol

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La publication dans la presse de documents couverts par le secret de l'instruction, comme dans le dossier Clearstream, est en contradiction avec le code de procédure pénale mais a alimenté ces dernières années le débat autour de la moralisation de la vie publique.
La publication dans la presse de documents couverts par le secret de l'instruction, comme dans le dossier Clearstream, est en contradiction avec le code de procédure pénale mais a alimenté ces dernières années le débat autour de la moralisation de la vie publique. — Jacques Demarthon AFP

L'enquête sur le corbeau de Clearstream se resserre sur Jean-Louis Gergorin, le vice-président d'EADS. Hasard ou coïncidence, celui-ci a été déchargé hier de ses fonctions au sein du groupe européen d'aéronautique et de défense, « à sa demande », précise EADS et pour « se consacrer à sa défense ».

Il faut dire que les soupçons se resserrent. Le juge Van Ruymbeke, en charge de l'enquête pour « dénonciation calomnieuse », a affirmé au Canard enchaîné avoir rencontré Jean-Louis Gergorin le 30 avril 2004, à propos de l'affaire des frégates de Taïwan. Celui-ci lui aurait alors confié, devant témoin, des informations correspondant aux envois anonymes du corbeau qui ont eu lieu quelques jours plus tard. Autant de dénonciations qui se sont révélées fausses après l'enquête du juge, aujourd'hui particulièrement en colère pour avoir été « instrumentalisé ».

Le président de la République, également mis en cause hier dans Le Canard enchaîné pour avoir, selon la déposition du général Rondot, un compte en banque caché dans un établissement japonais, a contre-attaqué hier. Il a pris la parole à la sortie du Conseil des ministres, une démarche rare, pour s'élever contre « la dictature de la rumeur » et réaffirmer sa « confiance » en Dominique de Villepin. Il a condamné « l'irrespect et l'exploitation jusqu'à l'outrage des procédures judiciaires en cours ». « Chirac a voulu siffler la fin de la récré », estime une source gouvernementale.

Signe que la crise politique est plus forte que jamais, le groupe socialiste à l'Assemblée a déposé hier une motion de censure contre le gouvernement de Dominique de Villepin. Elle sera débattue à l'Assemblée mardi. Cinq députés PS ont par ailleurs officiellement demandé, hier, le départ de Jacques Chirac.

Au coeur de l'affaire donc, quatre pistes d'explications possibles :

-Piste numéro un : la piste financière

-Piste numéro deux : l'armement

-Piste numéro trois : Sarkozy-Villepin

-Piste numéro quatre : Jacques Chirac