Amiante : le scandale enfin à la barre

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Le procès de la société Alstom Power Boilers, jugée pour mise en danger de la vie de ses salariés pour ne pas avoir respecté la législation sur l'amiante entre 1998 et 2001 sur son site de Lys-lez-Lannoy (Nord) s'est ouvert jeudi devant le tribunal correctionnel de Lille.
Le procès de la société Alstom Power Boilers, jugée pour mise en danger de la vie de ses salariés pour ne pas avoir respecté la législation sur l'amiante entre 1998 et 2001 sur son site de Lys-lez-Lannoy (Nord) s'est ouvert jeudi devant le tribunal correctionnel de Lille. — Jean-Pierre Muller AFP/Archives

Les anciens salariés d'Alstom de Lys-lez-Lannoy (Nord) ne seront pas seuls au tribunal correctionnel de Lille. Aujourd'hui et demain, de nombreuses victimes de l'amiante assisteront au premier procès pénal dans une affaire d'amiante, celui d'Alstom Power Boilers, qui fabriquait des chaudières. Accusée de ne pas avoir respecté la réglementation concernant l'amiante entre 1998 et 2001 sur son site nordiste, la société comparaît pour mise en danger de la vie de ses salariés. Son ex-chef d'établissement est jugé pour non-respect des règles d'hygiène et de sécurité.

« Les veuves de l'amiante – qui ont défilé à Dunkerque pour réclamer l'ouverture d'une information judiciaire contre les employeurs de leurs époux – seront là pour soutenir les anciens salariés d'Alstom, explique Pierre Pluta, président de l'Association régionale de défense des victimes de l'amiante, qui s'est portée partie civile. Ce procès est très important pour toutes les victimes. » « Si Alstom est condamné, le jugement sera applicable à d'autres entreprises », confirme Jean-Paul Teissionnière, l'un des avocats des salariés. Si les parties civiles ne sont pas encore malades, elles risquent de l'être dans vingt ans. « La pression sur le tribunal va être énorme, s'inquiète Patrick Maisonneuve, avocat d'Alstom. Certes, l'amiante est un drame sanitaire mais Alstom doit-il en porter toute la responsabilité ? » L'ex-chef d'établissement encourt un an de prison et 15 000 euros d'amende et Alstom risque des amendes. Jean-Paul Teissionnière va demander 10 000 euros de dommages et intérêts par salarié pour préjudice moral.

Fanny Bertrand

150 C'est le nombre de salariés qui se sont constitués partie civile. 2003 Date à laquelle l'information judiciaire a été ouverte. 2005 Date de la mise en examen d'Alstom. 330 C'est le nombre de personnes qu'employait SI Energies avant sa fermeture en 2003, contre 1 200 au début des années 1980.