Le plan Alerte Enlèvement aurait-il dû être déclenché?

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Les cinq critères n'étaient pas remplis. Depuis hier matin, la polémique enfle autour du non-déclenchement du plan Alerte Enlèvement après la disparition de Madison. Calqué sur un modèle américain, ce dispositif, mis en place en février 2006, consiste à lancer à la radio, à la télévision et sur les panneaux des gares et autoroutes, une alerte massive afin que la population se mobilise pour rechercher l'enfant enlevé et son ravisseur présumé. Cinq critères doivent être réunis : être en présence d'un rapt et non d'une simple disparition, que la victime soit mineure et qu'il y ait menace sur sa vie ou son intégrité physique. Il faut aussi l'accord des parents et disposer d'informations permettant de localiser l'enfant ou son ravisseur.

Dimanche soir, le procureur de Tarascon avait indiqué que la mise en oeuvre de cette alerte n'était pas envisagée dans le cas de Madison, faute de savoir s'il s'agissait vraiment d'un enlèvement. Une décision qui a provoqué la colère d'une association de protection de l'enfance, La Voix de l'Enfant. « Même s'il s'agit d'une fugue, la fillette est en extrême danger. Cela mérite que l'on mette tout en oeuvre. On le fait bien pour un champion en perdition en mer », a déclaré la directrice de l'association, Martine Brousse, qui juge les critères de déclenchement trop restrictifs.

Hier midi, Pascal Clément, ministre de la Justice, a expliqué que pour déclencher ce plan, « il faut absolument des éléments sur l'enfant et le ravisseur. Là, il n'y en a pas. » Avant d'ajouter que « des indices comme la couleur d'une voiture ou une plaque minéralogique sont nécessaires. Envoyer l'opinion publique de la France entière chercher une petite fille dont on n'a aucune espèce d'indice sur le ravisseur, on n'y arrivera pas. »