Franz-Olivier Giesbert : « Villepin est en contradiction permanente »

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Hier, le Premier ministre a refusé de commenter les propos rapportés par Franz-Olivier Giesbert dans son livre La Tragédie du Président. Il aurait dit en juillet 2004 concernant l'affaire Clearstream : « Sarkozy, c'est fini. Si les journaux font leur travail, il ne survivra pas à cette affaire-là ». Dans sa dernière édition, Le Point défie Matignon de contredire cette citation.

Franz-Olivier Giesbert, directeur de l'hebdomadaire Le Point.

Dominique de Villepin nie ces propos, vous les maintenez ?

Le Premier ministre dément. Vu sa ligne de défense, il fallait s'y attendre. De mon côté, je maintiens qu'il a prononcé cette phrase que je reproduis dans le livre. Je ne veux pas pour autant m'engager dans un combat personnel contre lui, je ne fais que modestement mon travail.

Il semble croire à une campagne dans la presse visant à le déstabiliser dans cette affaire...

Apparemment, Dominique de Villepin a toujours rêvé d'une presse aux ordres. Ce n'est pas ma conception de mon métier de journaliste.

Comment jugez-vous sa défense dans l'affaire ?

Si Dominique de Villepin sait bien communiquer sur la forme, sur le fond de l'affaire, il est en contradiction permanente. Ses déclarations se suivent et ne se ressemblent pas. Le Premier ministre est aujourd'hui dans une situation très difficile. Il faudra quand même qu'il explique un jour pourquoi l'affaire Clearstream a continué alors que les vérifications du général Rondot établissaient depuis longtemps que les listings de comptes étaient faux.

Recueilli par A.S.