De nombreux points restent en suspens

©2006 20 minutes

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Malgré la conférence de presse de Villepin, les zones d'ombre demeurent. Après avoir démenti que le nom de Nicolas Sarkozy avait été cité le 9 janvier 2004 au cours d'une réunion au Quai d'Orsay en présence du général Rondot, le Premier ministre a déclaré ce matin : « Le nom n'a pas été évoqué en liaison avec de quelconques affaires, il a été évoqué comme ministre de l'Intérieur. » Il a donc été évoqué mais pour quelle raison ?

Autre contradiction non élucidée, Dominique de Villepin a diligenté une enquête interne sur des comptes bancaires occultes en janvier 2004, mais à l'époque il n'a pas prévenu la justice. Lorsqu'il est à l'Intérieur, en juillet de la même année, c'est au tour de la DST d'enquêter. Or depuis juin 2004, le juge Van Ruymbeke enquête officiellement sur les dénonciations du corbeau. Si les conclusions de Rondot lui avaient été communiquées, il aurait peut-être achevé ses investigations plus tôt. Et on aurait sans doute évité les protestations de Nicolas Sarkozy informé trop tardivement des conclusions négatives des enquêtes. Qui y gagne ? Villepin pour diminuer Sarkozy ou ce dernier pour bénéficier du statut de victime ?

Arnaud Sagnard

Villepin a affirmé hier que le président de la République ne lui avait donné « à aucun moment » des « instructions », contredisant ainsi la déposition du général Rondot faite devant les juges le 28 mars citée dans Le Monde. L'officier parle d'« instructions » et de « consigne ».