Clearstream : le Premier ministre contre-attaque

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Atteint par le scandale Clearstream, Dominique de Villepin a orchestré tout au long de la journée de mardi sa contre-offensive, notamment à l'Assemblée, se posant en victime d'une "campagne de calomnies et de mensonges ignoble" et excluant catégoriquement de démissionner.
Atteint par le scandale Clearstream, Dominique de Villepin a orchestré tout au long de la journée de mardi sa contre-offensive, notamment à l'Assemblée, se posant en victime d'une "campagne de calomnies et de mensonges ignoble" et excluant catégoriquement de démissionner. — Joël Saget AFP

La journée de Villepin ressemblait à un cours d'autodéfense. Invité sur Europe 1, il a qualifié l'affaire Clearstream dans laquelle son nom est cité de « pétard mouillé ». Il s'estime « injustement accusé sur la base de déclarations tronquées » qui « viennent d'être démenties ». Le général Rondot, personnage clés de l'affaire (lire ci-dessous) a déclaré que le Premier ministre ne lui a pas demandé d'enquêter spécifiquement sur Nicolas Sarkozy. Villepin exclut donc de démissionner comme certains le lui ont demandé. Mais il se dit prêt à répondre aux « éventuelles questions » des juges enquêtant sur le corbeau qui a mis en cause différentes personnalités. Cette phrase ouvre la voie à une audition qui ne pourra être autorisée que par le Conseil des ministres. Le Premier ministre s'est ensuite expliqué devant les députés UMP, inquiets des conséquences de la crise pour les prochaines élections. Un seul, Jean-Paul Anciaux a demandé sa démission. A l'Assemblée, Villepin a combattu les accusations de la gauche et de l'UDF. « Trop, c'est trop », a-t-il lancé à un député PCF avant d'accuser François Hollande d'« hurler avec les loups » alors que l'opposition scandait « démission ». En fin de journée, il a tenu un séminaire ministériel de « mobilisation » à Matignon.

A. S.