Droite, gauche ou centre, les politiques se déchaînent

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Programme chargé pour Dominique de Villepin aujourd'hui, invité d'Europe 1 le matin, il rencontre ensuite les députés UMP puis il essuie les questions des parlementaires à l'Assemblée, avant un séminaire gouvernemental dans la soirée. Tous ces rendez-vous ont lieu alors que le ton des commentateurs a changé, à gauche comme à droite.

Le député socialiste Dominique Strauss-Khan a dénoncé dimanche une « sorte de Watergate à la française » tandis que Ségolène Royal estime que l'affaire Clearstream signe « la fin d'un règne sans éthique ». Les députés PS Vincent Peillon et Henri Emmanuelli demandent directement le départ de Villepin. François Hollande souhaite qu'il soit entendu par la justice. Arnaud Montebourg est allé hier jusqu'à réclamer la tenue d'élections législatives anticipées : « On ne pourra pas continuer encore un an comme ça, il faut retourner devant le peuple. »

L'UDF est également vindicative. François Bayrou, son patron, juge pour sa part la France « au bout de la crise de régime ». Le député européen UDF Jean-Louis Bourlanges veut « en finir avec les manipulations politico-judiciaires, avec la concentration des pouvoirs au sein d'une équipe qui ne représente qu'un Français sur cinq et avec l'omnipotence d'un président cumulant les rôles d'arbitre, de chef du gouvernement et de chef de clan ».

Jacques Chirac, dont le nom est cité dans l'affaire, commence en effet à être visé. Y compris à droite. Le député UMP Dominique Paillé, proche de Sarkozy, est sorti du bois le premier hier. Il a estimé que c'était à « Jacques Chirac de prendre les choses en main » pour éviter que cette crise ne bénéficie en 2007 à « l'ensemble des partis extrémistes ». L'entourage du Président écarte l'hypothèse d'une démission de Villepin : « C'est une question sans fondement. » Un élu UMP est pourtant pessimiste : « Je ne vois pas comment il peut s'en sortir. Il y aura d'autres rebondissements, défavorables pour Villepin. »

A. S.