Clearstream : Villepin bientôt entendu par les juges?

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Si les juges en charge du second dossier de l'affaire Clearstream ne viennent pas perquisitionner Matignon, vont-ils auditionner Dominique de Villepin ? Les juges chargés d'une enquête pour « dénonciation calomnieuse » pourraient dans les jours prochains entendre le Premier ministre, un événement rarissime. Ils essaient de déterminer pourquoi et comment un corbeau a transmis à la justice des listings de comptes truqués mettant en cause des personnalités politiques, dont Nicolas Sarkozy.

La question de l'éventuelle intervention de Villepin dans le dossier est désormais posée. Et ce depuis la publication vendredi d'un article du Monde indiquant que le général Rondot, un des personnages clé du dossier, a mis en cause le Premier ministre dans son témoignage aux juges. L'officier aurait affirmé avoir reçu ordre du ministère de la Défense, fin 2003, puis de Villepin, début 2004, d'enquêter sur des listings de comptes de Clearstream. Il aurait même précisé que le ministre des Affaires étrangères d'alors lui aurait dit, sur instruction du président Chirac, de s'intéresser aux politiques cités, dont Nicolas Sarkozy. Cette enquête interne serait intervenue avant que les juges ne reçoivent les courriers du corbeau mettant en cause les mêmes personnalités.

Depuis, Dominique de Villepin et l'Elysée se sont défendus d'avoir ordonné une enquête de ce type. Le général Rondot est même revenu dans la presse sur ses déclarations. L'audition du Premier ministre par les juges n'en serait pas moins logique après les perquisitions au ministère de la Défense et au domicile de Rondot. Mais seul un décret pris en Conseil des ministres peut autoriser les magistrats à questionner Dominique de Villepin. On imagine assez bien l'ambiance à l'Elysée demain, lors du prochain Conseil.

Arnaud Sagnard

Dominique de Villepin a perdu 5 points de popularité en un mois, selon un sondage LH2-Libération. Il approche, avec 20 % d'opinions positives, le record d'impopularité des Premiers ministres de la Ve République détenu par la socialiste Edith Cresson (18 %).