La croissance française plombée, l'OCDE appelle à un nouveau plan anti-déficit

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L'OCDE a drastiquement revu en baisse lundi sa prévision de croissance pour la France, qui serait à peine positive en 2012 après une "courte" période de récession, une situation qui "exige" un nouveau plan anti-déficits pour tenir les engagement internationaux de Paris.
L'OCDE a drastiquement revu en baisse lundi sa prévision de croissance pour la France, qui serait à peine positive en 2012 après une "courte" période de récession, une situation qui "exige" un nouveau plan anti-déficits pour tenir les engagement internationaux de Paris. — Eric Piermont afp.com

L'OCDE a drastiquement revu en baisse lundi sa prévision de croissance pour la France, qui serait à peine positive en 2012 après une "courte" période de récession, une situation qui "exige" un nouveau plan anti-déficits pour tenir les engagement internationaux de Paris.

Loin du 1% de croissance encore officiellement attendu par le gouvernement français l'an prochain, l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE) n'envisage plus qu'une maigre progression de 0,3% du PIB dans sa dernière livraison de prévisions économiques semestrielles.

Il y a six mois, elle tablait encore sur 2,1% mais l'aggravation de la crise de la zone euro est passée par là.

Pour 2013, l'OCDE prédit une légère reprise de 1,4%.

La récession que connaîtrait la France au quatrième trimestre 2011 et au premier trimestre 2012 serait "de faible ampleur", selon l'organisation. Mais face à ces projections -- les plus médiocres à ce jour d'une institution internationale --, elle exhorte Paris à un nouveau tour de vis budgétaire.

"Compte tenu du ralentissement de la croissance économique et de la charge croissante de la dette", atteindre l'objectif d'un retour du déficit public à 4,5% du PIB en 2012 "exigera de nouvelles mesures de consolidation budgétaire", assure-t-elle.

"Nous suggérerions un assainissement budgétaire supplémentaire pour atteindre l'objectif voulu", a confirmé son chef économiste Pier Carlo Padoan, lors d'une conférence de presse.

L'OCDE a chiffré le nouvel effort réclamé à Paris à 0,4% du PIB français, soit près de 8 milliards d'euros qui s'ajouteraient au montant des deux plans de rigueur de 12 et 7 milliards d'euros annoncés depuis la fin août par le gouvernement. Il en va, selon elle, de la "crédibilité" des engagements français.

"Incertitude considérable"

L'OCDE estime par ailleurs que les perspectives des créations d'emplois en France se sont "dégradées" avec un taux de chômage qui devrait passer la barre symbolique des 10%, à 10,4% fin 2012, avant de se stabiliser en 2013.

Au deuxième trimestre 2011, le taux de chômage calculé par l'Insee atteignait 9,1%.

"Le risque que le chômage structurel augmente est significatif", selon le rapport de l'OCDE. L'inflation, elle, devrait retomber à environ 1% en 2013.

L'organisation souligne toutefois "l'incertitude considérable qui pèse sur ces projections", suspendues à l'évolution de la crise de la zone euro.

Elle n'est pas la première à tirer la sonnette d'alarme et à exiger davantage de Paris.

Début novembre déjà, la Commmission européenne avait appelé le gouvernement français à aller plus loin dans la rigueur, pronostiquant 0,6% de croissance en 2012. En l'absence de nouvelles mesures, estimait Bruxelles, le déficit public atteindrait 5,1% du PIB en 2013, bien au-delà de la cible officielle d'une décrue à 3%, le plafond fixé par le Pacte de stabilité.

Bercy avait immédiatement répliqué, réaffirmant la "détermination totale du gouvernement" à tenir ses engagements.

Dimanche, la ministre du Budget Valérie Pécresse a de nouveau exclu un troisième plan de rigueur. Jusqu'ici, le gouvernement a argué d'une réserve budgétaire de 6 milliards d’euros qui permettrait de contenir les déficits, même avec une croissance inférieure à 1% en 2012.

De nouvelles "mesures détaillées devraient être annoncées rapidement" pour tenir l'objectif des 3% de déficit l'année suivante, estime l'OCDE. "Les élections (présidentielle et législatives) de 2012 vont sans nul doute ralentir ce processus", s'inquiète-t-elle.

L'organisation préconise de porter les efforts sur la réduction des dépenses avec des mesures comme le renforcement de la Révision générale des politiques publiques qui prévoit déjà le non-remplacement d'un fonctionnaire sur deux partant à la retraite, la suppression des départements ou la réduction de la durée et de la fréquence des hospitalisations.