Picasso-Jussieu même combat ?

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Quatre hommes armés d'un pistolet et d'une grenade ont mis vingt minutes pour voler, vendredi en plein carnaval, dans un musée de Rio, des oeuvres de Salvador Dali, Pablo Picasso, Henri Matisse et Claude Monet évaluées jusqu'à 50 millions de dollars.
Quatre hommes armés d'un pistolet et d'une grenade ont mis vingt minutes pour voler, vendredi en plein carnaval, dans un musée de Rio, des oeuvres de Salvador Dali, Pablo Picasso, Henri Matisse et Claude Monet évaluées jusqu'à 50 millions de dollars. — Pierre Andrieu AFP/Archives

Et si Picasso était dangereux pour la santé ? C’est une question que les amateurs du peintre pourraient se poser sachant que le maître espagnol a réalisé en 1946 différentes peintures sur de larges panneaux de fibrociment, un matériau qui contient de l’amiante.

«Pas de soucis à se faire», répond Jean-Louis Andral, conservateur du musée Picasso d’Antibes qui possède quatre de ces œuvres (Nature morte à la bouteille, à la sole et à l’aiguière, Satyre, faune et centaure au trident, La Joie de vivre, Nu couché au lit blanc). « Les poussières d’amiante ne se libèrent qu’en cas de cassure. Or, nous manipulons ces tableaux avec beaucoup de précaution pour éviter de les briser », tempère-t-il.

D’où l’absence d’analyse, que le conservateur n’estime pas nécessaire. « Au contraire du panorama allégorique La fée électricité de Raoul Dufy, exposé dans la salle d'honneur du Musée d'art moderne de Paris, qui vient d’être désamianté pour un budget de 800 000 euros », souligne-t-il. En cause, le système de flocage amianté qui permettait depuis 1937 de faire tenir différents panneaux en arc-de-cercle sur les parois du musée. «Il suffisait de le gratter avec le doigt pour libérer des poussières d’amiante», rappelle Jean-Louis Andral. Soulagé que les Picasso soient, eux, hors de cause.

Alexandre Sulzer