Areva: Oursel convoqué par Baroin à 16h00

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Le patron d'Areva, Luc Oursel, s'est engagé mardi auprès du gouvernement à épargner les emplois du groupe en France, au lendemain de la révélation par l'AFP d'un projet de suppression de plus de 1.000 emplois dans l'Hexagone.
Le patron d'Areva, Luc Oursel, s'est engagé mardi auprès du gouvernement à épargner les emplois du groupe en France, au lendemain de la révélation par l'AFP d'un projet de suppression de plus de 1.000 emplois dans l'Hexagone. — Lionel Bonaventure afp.com

Le patron d'Areva Luc Oursel a été convoqué mardi par le ministre de l'Economie François Baroin pour présenter son «plan stratégique»pour le groupe, après la révélation par l'AFP d'un projet de suppression de plus de 1.000 emplois en France démenti par la direction.

Le successeur d'Anne Lauvergeon à la tête du fleuron nucléaire français doit être reçu vers 16H00 par François Baroin et son homologue de l'Energie Eric Besson. Les deux ministres ont assuré depuis lundi qu'il n'y aurait «pas de suppression d'emploi» dans l'Hexagone.

Selon des sources proches du dossier, Areva (détenu à 87% par l'Etat français) a prévu un total de 2.700 à 2.900 suppressions de postes en Allemagne (1.300), Belgique (160), Etats-Unis (200), mais aussi en France, via notamment un plan de départs volontaires.

Un document interne, dont l'AFP détient une copie, projette «de réduire les effectifs des fonctions support en France d'environ 1.000 à 1.200 personnes» (soit 4% de ses 28.000 employés en France) dans les «fonctions support» (services juridique, financier, communication, ressources humaines, etc.).

La division industrielle est globalement épargnée. La version finale du plan stratégique d'Areva doit être validée par le conseil de surveillance le 12 décembre, avant d'être rendu publique le lendemain.

«En tant que ministre de l'Economie, je souhaite voir le plan stratégique», a déclaré François Baroin mardi matin sur France 2. «Ce plan ne m'a pas été encore présenté, il le sera cet après-midi», a-t-il indiqué.

«L'Etat n'acceptera pas que les ajustements économiques des plans stratégiques d'une entreprise où l'Etat se trouve en position d'actionnaire se fassent au détriment de l'emploi», a réaffirmé le ministre.

Areva, qui a "démenti catégoriquement" le volet social français, est resté silencieux sur le reste des informations de l'AFP.

La CFDT monte au front

Le plan du fleuron nucléaire français ne s'arrête pas aux réductions d'effectifs. Le groupe, dans le brouillard depuis la catastrophe nucléaire de Fukushima, veut aussi ramener de 12 à 7 milliards d'euros les investissements prévus d'ici 2016, en reportant des projets, et procéder à d'importantes cessions pour assurer son financement.

Il veut ainsi vendre ses 26% dans le groupe minier Eramet (nickel, manganèse, alliages), qui valent au cours actuel environ 600 millions d'euros, sa participation majoritaire de 63% dans le groupe d'or canadien La Mancha (160 millions d'euros) et sa filiale Canberra, numéro 1 mondial de la mesure nucléaire.

Objectif: parvenir dès 2013 à 500 millions d'euros d'économies annuelles, puis 750 millions d'euros d'ici 2015, soit 9% de ses coûts.

La poursuite de la trajectoire financière actuelle (trésorerie négative, lourde perte opérationnelle en 2010 et 2011, effectifs augmentant plus vite que le chiffre d'affaires...) "n'est pas tenable" selon le document interne d'Areva, qui entend marquer une "inflexion nette à brève échéance".

Dans un courrier du mois d'août révélé par le site Owni, François Baroin lui-même avait fixé à Areva une «feuille de route»  pour redresser ses comptes, qui se sont considérablement dégradés depuis cinq ans.

Réagissant aux informations de l'AFP, la CFDT a accusé mardi la direction d'Areva d'avoir ouvert «un front» contre les salariés.

La controverse sur l'avenir du groupe survient à quelques jours d'une visite de Nicolas Sarkozy vendredi dans l'usine Areva du Tricastin (Drôme), où le chef de l'Etat doit prononcer un discours sur le nucléaire, en passe de devenir un thème majeur de la campagne présidentielle.