Villa rasée et prise d'otages en Corse

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ajaccio (corse-du-sud)

De notre correspondant.

Les continentaux et les étrangers propriétaires de résidences secondaires en Corse ne sont pas les bienvenus sur l'île. Le commando qui a détruit samedi soir la luxueuse résidence d'un promoteur immobilier de la Côte d'Azur a voulu marquer les esprits. Une dizaine d'hommes fortement armés et vêtus de combinaisons sombres a investi, peu après 17 h 30, la propriété située sur la pointe de la Castagna, en bord de mer, à une quarantaine de kilomètres au sud d'Ajaccio. Les deux gardiens ont été bâillonnés et ligotés. Deux femmes ayant surpris les malfaiteurs alors qu'elles se promenaient ont subi le même sort. Pendant qu'une partie du commando piégeait la bâtisse avec plusieurs kilos d'explosifs, les quatre otages étaient rassemblés dans un local situé à distance de la maison. L'explosion a détruit plus de la moitié de la villa et l'incendie qui a suivi a aggravé les dégâts. « On savait que le lotissement était particulièrement ciblé depuis quelque temps, mais on n'imaginait pas qu'ils reviendraient frapper en plein jour », affirme un riverain.

Aucune revendication officielle n'a signé cet attentat. Les membres du commando ont affirmé agir au nom du « FLNC », sans préciser à quelle aile du mouvement ils appartenaient. Les enquêteurs penchent plutôt pour le FLNC « du 22 octobre », qui se montre particulièrement offensif depuis plusieurs mois. Après avoir longtemps privilégié les attentats contre des cibles représentant l'Etat, cette organisation a engagé une croisade contre les biens appartenant à des continentaux et des étrangers sur l'île. L'attentat de samedi est le troisième commis depuis mi-février dans le même lotissement.

Dominique Pinelli

Deux cents personnes se sont réunies samedi, dans le calme, près de Bonifacio, pour dénoncer les menaces de « bétonnisation » de la côte liées, selon elles, à des projets spéculatifs.