Le cancer de moins en moins mortel

©2006 20 minutes

— 

Le cancer n'est plus forcément une condamnation à mort. L'Inserm a présenté hier les résultats d'une expertise sur la surmortalité liée à cette maladie. Selon cette étude, qui porte sur 2 millions de cas en Europe entre 1978 et 1994, la mortalité par cancer dix ans après diagnostic recule, tombant à 2 % environ.

En clair, sur cent personnes atteintes d'un cancer, seules deux risquent de décéder de cette maladie dans la dixième année. Une avancée forte pour David Kahyat, président de l'Institut national du cancer, qui a rappelé hier qu'« il y a cinquante ans, à peine un cancéreux sur cinq pouvait espérer vivre encore dix ans plus tard ». Ce recul de la mortalité s'explique surtout par les progrès thérapeutiques et le dépistage.

Exemple type de ce changement : le cancer du testicule. « A partir de la 3e année de maladie, quel que soit le stade du cancer, la mortalité est proche de zéro », a expliqué hier Bernard Asselain, de l'Institut Curie. En revanche, le cancer du poumon reste l'un des plus graves, avec une surmortalité de 5 % dix ans après le diagnostic, et de 60 % au bout de la première année.

Près de 2 millions de Français ont ou ont eu un cancer. L'expertise de l'Inserm, initiée dans le cadre du plan national cancer de 2003, devrait leur permettre un meilleur accès aux assurances et aux prêts bancaires, les malades se heurtant fréquemment à des surprimes pour « risque aggravé » souvent injustifiées. Selon le Pr Khayat, une « décision imminente » du gouvernement devrait être prise à ce sujet, évoquant la suppression de ces surprimes.

Bastien Bonnefous

Jean-Pierre Diaz, représentant hier la Fédération française des assurances, a estimé que 2 % de mortalité par le cancer restait un « risque résiduel ». « Mais à chaque assureur d'en tirer les conséquences », a-t-il ajouté.