Un plan qui laisse les sans-abri sur leur faim

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Présenté hier en Conseil des ministres et aux associations par Catherine Vautrin, ministre déléguée à la Cohésion sociale, le plan 2006-2009 pour améliorer l'hébergement des sans-abri a été vivement critiqué hier par les professionnels de l'aide.

Doté d'un budget de cinquante millions d'euros, le plan prévoit de pérenniser dès novembre prochain cinq mille places d'urgence, c'est-à-dire de les maintenir ouvertes pendant toute l'année. Parce que contrairement à une idée reçue, 80 % des sans-abri décèdent durant l'été et le printemps. Il s'agira aussi de « garder les gens plus tard le matin et dans la journée, pour faire un bilan sanitaire et psychologique, et les aider à redémarrer », a souligné Catherine Vautrin. Le gouvernement dit vouloir poursuivre « l'humanisation des conditions d'hébergement ». Mais les associations ont dénoncé hier le manque de crédits, ainsi que la lenteur de la mise en place du dispositif. Patrick Rouyer, directeur des missions sociales d'Emmaüs, estime que c'est « une fausse réponse à de vrais problèmes », l'urgence devant être « le dernier pilier de la protection ».

De son côté, Florian Borg, coordinateur à la mission SDF de Médecins du monde, souhaite que le gouvernement tire les leçons de l'opération des tentes distribuées cet hiver à Paris, qui a montré qu'« au bout de dix ans, on n'est plus dans la gestion de l'urgence, mais dans la vraie misère ». Dès lors, il faut « mettre davantage de moyens sur les petites structures pour que les sans-abri puissent enfin se poser, se soigner et se sevrer ».

Laure de Charette