Syndicalisme : les nouvelles voix de la contestation

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Barrages filtrants, blocages ou simple grève : la mobilisation des facultés restait lundi matin une constante mais, dans certaines universités, notamment celles mobilisées depuis début février (Rennes II, Brest, Lille III, Paris  X-Nanterre), les présidents ont décidé d'organiser des "référendums" sur le principe du blocage, qui empêchent la tenue des cours.
Barrages filtrants, blocages ou simple grève : la mobilisation des facultés restait lundi matin une constante mais, dans certaines universités, notamment celles mobilisées depuis début février (Rennes II, Brest, Lille III, Paris X-Nanterre), les présidents ont décidé d'organiser des "référendums" sur le principe du blocage, qui empêchent la tenue des cours. — Jack Guez AFP/Archives

Pour qu'un mouvement social prenne, il faut qu'il soit incarné dans les médias. Celui contre le CPE l'a été plutôt trois fois qu'une puisqu'il a vu émerger trois nouvelles figures du syndicalisme étudiant : Julie Coudry (Confédération étudiante), Bruno Julliard (Unef) et Karl Stoeckel (UNL). Nouvelles parce qu'on les connaissait encore peu, et parce qu'elles représentent une autre manière de contester plus pragmatique, moins politique, capable de proposer autant que de refuser.

C'est surtout vrai pour Coudry et Stoeckel, dont les organisations récentes sont justement nées de cette envie d'investir un nouvel espace. « On n'arrête pas de nous dire que ça fait du bien d'entendre des choses nouvelles, plus spontanées, moins idéologiques », assure aujourd'hui Julie Coudry. Au contraire, l'étiquette du PS colle toujours à la peau de l'Unef. Mais durant la crise du CPE, ce sont les pontes socialistes qui ont été dans l'ombre de Julliard, et ce dernier a désormais le souci de ne pas se laisser instrumentaliser.

Ces organisations sortent renforcées de ces deux mois de contestation. Malgré des divergences de fond, elles estiment qu'il est temps d'abandonner les manifestations et les blocages pour aborder les prochaines échéances : le rapport sur les aides sociales aux étudiants dévoilé très bientôt, et les discussions sur les liens entre universités et emplois. « Le retrait du CPE est une victoire, analyse, lucide, Bruno Julliard, mais la manière dont les étudiants vont s'approprier cette victoire va conditionner la mobilisation des années à venir. »

D. Carzon