Les petits hôpitaux amputés de leur bloc ?

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Au nom de la qualité des soins, cent treize blocs opératoires devraient être fermés « sans délai ». C'est le sort qu'un rapport remis au ministre de la Santé, Xavier Bertrand, recommande de réserver aux blocs opératoires des petits hôpitaux publics qui effectuent moins de deux mille actes chirurgicaux par an. « Certains hôpitaux de proximité maintiennent des services de chirurgie ne répondant pas aux critères de sécurité, de qualité et de continuité des soins », souligne le rapport. En somme, « mieux vaut faire vingt ou trente kilomètres en voiture, ou en ambulance, pour aller se faire opérer dans une ville voisine » où le bloc sera plus performant, confirme le professeur Jacques Domergue, président du Conseil national de la chirurgie. Celui-ci a par ailleurs souligné que les lits supprimés pourraient être reconvertis pour d'autres soins ou pour les personnes âgées afin de maintenir l'emploi sur place.

Mais pour Gérard Avéna, animateur du Collectif contre la privatisation et pour la défense des hôpitaux sud, « fermer plus d'une centaine de blocs opératoires serait une catastrophe pour le confort de vie des populations locales ». Il estime que si certains « ne tournent pas assez », ce n'est pas parce qu'ils manquent de patients, mais bien parce qu'ils manquent de chirurgiens. A terme, il craint que leur fermeture n'entraîne « la mort pure et simple » des petits hôpitaux.

Laure de Charette