Le temps du bilan pour le racolage passif

©2006 20 minutes

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Le 18 mars 2003 et après plusieurs mois de polémique, le « racolage passif » devenait un délit au regard de l'article 50 de la loi sur la sécurité intérieure. Il était dès lors passible de deux mois de prison ferme et de 3 750 e d'amende. Aussitôt, des associations d'aide aux prostitués descendaient dans la rue pour dénoncer « le travail dans la peur permanente » et les « dangers » d'un tel texte. Le procureur de la République demandait de « procéder à une application musclée de la loi » et le préfet de Paris déclarait que « les proxénètes tomberaient les uns après les autres ». Fin 2003, Nicolas Sarkozy annonçait déjà une baisse de 40 % du nombre de prostitués à Paris, et avançait même qu'il n'en restait plus que 1 000. Or, les chiffres de la préfecture de police font état de 1 500 prostitués visibles en 2005.

Trois ans après l'entrée en vigueur de la loi, et quelques semaines après la première « Pute pride » qui a vu défiler à Paris une centaine de « travailleurs du sexe » demandant une nouvelle fois son abrogation, Guy Parent, chef de la brigade de répression du proxénétisme à Paris, dresse pour 20 Minutes un état des lieux nuancé du combat mené par ses équipes dans la capitale.

M. H.

Le texte de mars 2003 promettait un titre de séjour aux prostitués qui dénonçaient leur proxénète. Une pratique qui, selon les associations d'aide aux prostitués, n'a été que peu usitée.