Affaire Clearstream: prochaine étape, Matignon ?

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L'enquête sur le corbeau qui a faussement accusé des personnalités, dont Nicolas Sarkozy, d'avoir des comptes occultes à l'étranger, via la société Clearstream, a connu jeudi un développement spectaculaire avec des perquisitions à EADS et chez un ex-patron du renseignement français.
L'enquête sur le corbeau qui a faussement accusé des personnalités, dont Nicolas Sarkozy, d'avoir des comptes occultes à l'étranger, via la société Clearstream, a connu jeudi un développement spectaculaire avec des perquisitions à EADS et chez un ex-patron du renseignement français. — Joël Saget AFP/Archives

L'enquête sur le corbeau de Clearstream touche des cercles de pouvoir jamais atteints. Après la direction générale de la sécurité extérieure (DGSE), Airbus et EADS, le bureau de la ministre de la Défense, Michèle Alliot-Marie, a été perquisitionné jeudi par les juges en charge d'une enquête sur une « dénonciation calomnieuse » au coeur de l'affaire Clearstream (lire page 7). Ceux-ci resserrent leurs investigations touchant des dossiers sensibles. La suite logique pourrait être une perquisition à Matignon, ce que laisse entendre une rumeur relayée par des sources proches du dossier. Des documents classés secret-défense ont déjà été saisis.

La justice s'intéresse donc de près aux dénonciations formulées en 2004 au juge Van Ruymbeke. Un corbeau accusait des personnalités, dont Nicolas Sarkozy et Dominique Strauss-Kahn, de posséder des comptes bancaires occultes via la société luxembourgeoise Clearstream. Après le ministre de l'Intérieur fin janvier, DSK s'est à son tour constitué partie civile vendredi, selon nos informations. Le juge Van Ruymbeke a établi que les dénonciations relevaient d'une manipulation. De quel ordre ? Sarkozy y verrait une manière de le discréditer avant la présidentielle. D'autres, une guerre de pouvoir au sein d'EADS.

A. S.