Pas de reprise du travail à «France Soir»

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Le bras de fer continue. Les salariés de France Soir ont voté hier à l'unanimité la poursuite de la grève contre le projet de reprise de Jean-Pierre Brunois et Olivier Rey, qui prévoit la suppression de 61 des 112 postes. Vendredi, le journal a paru sous la forme d'une édition spéciale consacrée à la situation du titre. Titrée Résistance, elle contenait notamment une page politique et une page culture entièrement vides, référence au projet Brunois-Rey qui supprime ces deux services. Samedi, l'homme d'affaires Jean-Pierre Brunois s'est déplacé dans les locaux du journal, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), mais il n'est resté que quelques minutes, face à l'accueil des salariés qui lui ont tous tourné le dos.

France Soir ne devrait donc pas paraître ce matin, mais hier, les grévistes ont lancé un blog pour raconter en détail leurs actions (www.france soirenlutte.com). Les représentants du personnel envisagent aussi de faire appel de la décision du tribunal de commerce de Lille qui a confié les clés du journal au duo Brunois-Rey.

Face à cette mobilisation, les deux repreneurs ont déjà fait quelques concessions de langage. Hier, Jean-Pierre Brunois a déclaré dans Libération : « Le premier objectif est de redresser les ventes du journal, et dès que la pente sera ascendante, je suis prêt à remettre de l'argent et à embaucher de nouveaux salariés. » De son côté, Olivier Rey a concédé, sur RTL, avoir « peut-être commis une erreur en supprimant dans le plan de reprise les services politique et économique ». « Nous pouvons revenir sur certaines choses », a-t-il laissé entendre.

B. B. (avec AFP)