Une société accusée de dissimuler des transactions financières

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Le dossier Clearstream est un des plus complexes auxquels la presse et la justice ont été confrontées.

  • Le début de l'affaire En 2001, avec la sortie du livre Révélation$, Denis Robert et Ernest Backes, un spécialiste des questions financières dévoilent leurs soupçons à l'encontre de Clearstream. Cette société est une chambre de compensation : son rôle consiste à enregistrer une partie des transactions bancaires mondiales. Selon Robert et Backes, le système a été dévoyé, il peut désormais servir à dissimuler aux yeux du marché, du fisc ou de la justice certaines transactions financières. Les auteurs publient des listes de comptes officieux, dont certains sont liés aux affaires en cours et au crime organisé.
  • Le rôle de la justice Depuis la sortie du livre, Clearstream fait l'objet d'une instruction judiciaire au Luxembourg. André Lussi, le PDG de l'époque, a été évincé puis mis en examen, le directoire de la société a également été changé. Seulement, il semble peu probable que la justice luxembourgeoise donne raison à ses détracteurs. Côté français, le juge Van Ruymbeke a délivré des commissions rogatoires internationales au Luxembourg et en Suisse. Les locaux de Clearstream ont même été perquisitionnés en mai 2004.
  • Le travail de Denis Robert Un deuxième livre, La Boîte noire, relate les conséquences du premier, les remous à Clearstream et les ennuis judiciaires de l'auteur. Aujourd'hui, il fait encore l'objet de 57 procédures en justice, pénales ou civiles en France et à l'étranger, qu'il gagne régulièrement. Un nouveau livre sur l'affaire est en préparation. Les médias ont, dans leur majorité, peu relayé l'affaire.
  • Le corbeau Les soupçons se sont successivement portés sur Jean-Louis Gergerin, vice-président d'EADS, qui nie et sur Imad Lahoud, ancien collaborateur de la DGSE et proche du dossier.

A. S.

Clearstream a toujours rejeté les soupçons et les accusations portés contre elle. Elle dément « catégoriquement les informations présentant de façon inexacte ses activités et considère toutes ces affirmations comme fausses ». Après une perquisition dans ses locaux en 2004, la société a estimé avoir fourni « toutes les informations requises » à la justice. Par ailleurs, elle estime que Denis Robert n'a pas été « en mesure de fournir des preuves à l'appui de ses affirmations ».