La grève de Lassalle divise les politiques

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Pour les uns, c'est une preuve de courage, pour les autres celle de la fin du politique. La grève de la faim du député UDF Jean Lassalle, interrompue vendredi après 39 jours de jeûne, divise la classe politique. L'élu, hospitalisé après avoir obtenu le maintien de l'usine japonaise Toyal à Accous, dans son canton béarnais, a expliqué dimanche que son geste n'était « pas un geste de désespoir ». « Pour moi, le politique doit guider les choix dans tous les domaines », a-t-il déclaré.

Sa décision de jeûner durant 39 jours à l'Assemblée nationale n'a pas été appréciée par tous les députés. Bernard Accoyer, chef de file des UMP dans l'Hémicycle, a estimé dès le deuxième jour de grève de la faim que « ce n'est pas comme ça qu'il faut faire de la politique », jugeant que cette action constituait « un aveu d'échec et d'impuissance » du politique. Une trentaine de députés ont pris au contraire la défense de Jean Lassalle dans un comité créé par l'UMP Christine Boutin. Et dimanche, François Bayrou, chef de l'UDF, a défendu son député, qualifiant son geste d'« héroïque ».

La maison mère de Toyal, Toyo Aluminium, a qualifié, hier, cette grève de la faim d'« entrave à la liberté d'entreprendre ». Démentant tout projet de fermeture de l'usine d'Accous, elle s'est même félicitée de la promesse de « soutien financier » de l'Etat pour développer le site.