« Mobilité », un mot plus syndical

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Après le clash du CPE, le gouvernement a laissé le soin aux partenaires sociaux de discuter de flexibilité dans les mois à venir. « On a déjà négocié sur ce sujet, ça existe déjà, rappelle Rémy Jouan de la CFDT. Aujourd'hui, les entreprises veulent plus de flexibilité, mais il faut déjà parler sécurité et précarité. Certaines interdisent à leurs salariés à temps partiel d'avoir plusieurs emplois, ces gens sont condamnés à ne faire que 20 h par mois. » Pour la CFDT, la sécurisation des parcours professionnels, pendant de la flexibilité, passe par « un accompagnement plus important et la garantie de retrouver un emploi rapidement ».

La CGT, elle, préfère le terme de mobilité. « Les salariés sont amenés à changer de travail, ils doivent pouvoir le faire dans des conditions qui protègent leurs droits, estime Maryse Dumas. Pour cela, il faut assurer une progression de carrière du début à la fin. Les entrepreneurs ont déjà des facilités pour licencier, ils ne veulent plus être obligés d'en justifier le motif avec un contrat unique. Nous ne lâcherons pas les droits collectifs. »

Qu'est-ce qui différencie la droite de la gauche sur cette question ? « Les moyens, la volonté de mettre en oeuvre des politiques fortes et l'argent qu'on y consacre, répond Eric Besson (PS). On ne peut pas prôner la baisse des impôts et des cotisations et mettre en place des protections sociales fortes, il y a une contradiction. Les modèles scandinaves sont coûteux. »

David Carzon