Facs : la mobilisation meurt avec le CPE

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Au boulot. La mobilisation anti-CPE a faibli hier, l'ensemble des étudiants et des lycéens reprenant le chemin des cours, alors que le Parlement, de son côté, a commencé l'examen de l'article de loi remplaçant le contrat première embauche.

Rennes-III et Poitiers, deux des universités emblématiques de la lutte estudiantine, ont voté hier la levée des blocages. Des manifestations ont tout de même eu lieu dans plusieurs villes pour demander l'abrogation de l'ensemble de la loi égalité des chances. Quelque 2 300 manifestants ont été décomptés à Paris par la police et environ 41 000 participants au total dans les 66 cortèges en France. Une faible mobilisation à comparer aux 220 000 personnes réunies lors de la dernière journée de manifestation à l'appel des organisations étudiantes et lycéennes, le 23 mars. « Cela a été tellement dur à obtenir, les étudiants ont besoin de quelques jours pour comprendre ce qu'a fait le gouvernement », a expliqué Bruno Julliard, le président de l'Unef. Le syndicat étudiant a répété qu'il appartenait aux assemblées générales de décider de la levée ou non des blocages, tout en précisant que l'Unef ne souhaitait pas « maintenir artificiellement un mouvement ».

Parallèlement, la commission des affaires sociales de l'Assemblée a adopté hier le texte instaurant un nouveau dispositif pour l'emploi des jeunes peu qualifiés, enterrant le CPE. Les députés ont commencé hier soir l'examen de ce nouveau texte, qui devrait être voté aujourd'hui. Les cinq confédérations syndicales, grands vainqueurs de la crise, ont, elles, entamé l'après-CPE. Elles ont accepté hier l'invitation du Medef à des discussions sur « toutes les flexibilités et toutes les précarités »

Bastien Bonnefous

Le président de l'université de Nantes, face à la décision des étudiants en lettres, langues et sciences humaines de poursuivre la grève jusqu'au 19 avril, a menacé hier de ne pas valider les diplômes pour cette année.