Affaire de la PJ de Lyon: garde à vue prolongée pour le commissaire Neyret

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La garde à vue du numéro 2 de la police judiciaire (PJ) lyonnaise le commissaire Michel Neyret , soupçonné de corruption et de détournement de drogue, a été prolongée samedi et devrait durer jusqu'à lundi, a-t-on appris de source judiciaire.

Le patron de la brigade de recherche et d'intervention (BRI) de la PJ lyonnaise, le chef de son antenne grenobloise et son adjoint arrêtés vendredi devraient également rester en garde à vue jusqu'à lundi avant une éventuelle présentation à un juge d'instruction, a-t-on précisé.

Ces arrestations ont eu lieu dans le cadre d'une information judiciaire, ouverte en mai 2011 pour corruption active et passive, trafic d'influence et association de malfaiteurs.

Dans cette enquête, l'épouse de M. Neyret et un homme du milieu lyonnais qui aurait été en contact "régulier" avec le n°2 de la PJ lyonnaise ont été déférés samedi au parquet et devraient être présentés dans la soirée au juge, a-t-on ajouté.

Michel Neyret est soupçonné d'avoir été en contact avec le grand banditisme et d'avoir rémunéré des informateurs en détournant du cannabis en importante quantité, a-t-on appris vendredi de source judiciaire. M. Neyret n'est pas lié à un trafic international de stupéfiants au coeur d'une autre enquête qui a mis à jour des soupçons de corruption sur le policier.

Des échanges téléphoniques ont fait apparaître des contacts entre lui et des collègues lui demandant de faire passer "des trucs" susceptibles de servir de rémunération à des indicateurs.

Le ministre de l'Intérieur, Claude Guéant, a prévenu que des "sanctions adéquates" seraient prises si la justice démontrait la culpabilité de policiers, ce qui serait une "très grande peine". L'enquête est menée par l'Inspection générale des services (IGS, "police des polices") parisienne sous la conduite de juges d'instruction de Paris.

L'épouse de M. Neyret, 62 ans, qui possède un hôtel de luxe près de Vienne (Isère), a été interpellée jeudi tandis qu'un escroc présumé a été mis en examen à Grasse notamment pour blanchiment et corruption. Menant grand train, il est soupçonné d'avoir mis à disposition de Neyret des véhicules de luxe lors de ses séjours sur la Côte d'Azur.