Veillée d'armes à «France Soir»

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« A la santé du confrère ! » Dans leur entrepôt d'Aubervilliers, les salariés de France Soir trinquent en chanson. Six d'entre eux fêtent leur 8 à 33 ans de service. Histoire de garder le moral à la veille de la décision du tribunal de commerce de Lille. Lequel devrait aujourd'hui révéler le nom du repreneur du quotidien en redressement judiciaire depuis octobre. Favori parmi les quatre candidats en lice, l'affairiste franco-israelien Arcadi Gaydamak, déjà acquéreur de Presse Alliance, holding qui contrôle le quotidien.

Autour d'un verre, certains évoquent la grande époque. Celle où Pierre Lazareff, fondateur du titre, « changeait de une 12 fois par jour ! » Une époque bénie où les ventes culminaient parfois à 2 millions d'exemplaires contre 58 000 en 2004-2005. Bref, les temps sont durs. Et les 70 journalistes survivants exténués. Une seule voiture sert à tous. « Depuis trois ans, nous n'avons plus de correspondant en province », déplore un rédacteur. La dette, elle, atteint 14,6 millions d'euros. Une ardoise que seul Gaydamak promet d'effacer. Comme il s'est engagé à garder les 118 salariés. Sous le coup d'un mandat d'arrêt international pour trafic d'armes en Angola, l'homme reste flou sur son projet éditorial.

Raphaëlle Baillot / Agence Page30

François Siegel, ex- directeur de VSD, pourrait rejoindre le comité d'éthique du France Soir version Gaydamak. Une information non confirmée pour le moment.