Les anti-CPE lancent la bataille du rail

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Opérations coups de poing. Les jeunes anti-CPE les ont multipliées hier dans tout le pays, alors que les syndicats étudiants et lycéens n'ont pas été convaincus par leur rencontre avec les parlementaires UMP. L'Unef et l'UNL, les deux principales organisations, ont appelé à poursuivre la mobilisation, déçues par l'avancée des négociations au Sénat hier. « On a eu une écoute molle, aucune indication n'a été faite sur la possibilité d'une abrogation », a déclaré le président de l'Unef, Bruno Julliard. Son homologue de l'UNL, Karl Stoeckel, a exigé « une abrogation du CPE avant les vacances parlementaires du 17 avril ».

n Gares envahies Lycéens et étudiants ont envahi les voies ferrées de plusieurs villes et bloqué divers axes routiers. A Paris, un millier de manifestants sont descendus sur les rails, gares de l'Est, du Nord et de Saint-Lazare. Gare du Nord, ils ont jeté des pierres sur les forces de l'ordre. L'accès à l'aéroport d'Orly a aussi été perturbé.

A Toulouse, des centaines de personnes ont bloqué la gare Matabiau, ainsi que les usines Airbus, à Colomiers et Saint-Martin-du-Touch. Onze manifestants ont été interpellés à Narbonne, après l'occupation de voies ferrées. Les trains de la gare Lille-Flandres ont été retardés plusieurs heures par des occupations, et les zones industrielles du port de Boulogne-sur-Mer perturbées.

n Grève et clowns A Rouen, un lycéen de 18 ans a entamé une grève de la faim depuis huit jours, devant la cathédrale. A Grenoble, une centaine d'étudiants ont envahi un supermarché. Nez de clown et codes-barres dessinés sur la peau, ils ont scandé : « Consommez-nous, on nous a soldés ». Le pont de l'Europe, qui relie Strasbourg, à sa voisine allemande, Kehl, a été bloqué, comme celui entre le continent et l'île d'Oléron, en Charente-Maritime.

n Bilan Huit facultés étaient toujours occupées hier et 45 perturbées, alors que 31 fonctionnaient normalement. Et, sur 4 330 lycées, 476 étaient encore affectés par le mouvement. Côté casseurs, cinq mineurs soupçonnés d'avoir agressé une jeune femme lors de la manifestation parisienne aux Invalides du 23 mars ont été interpellés hier. La police a lancé un appel à témoin pour retrouver la victime.

Bastien Bonnefous