Le Premier ministre doit rebondir

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Interrogé par Le Journal du dimanche, Dominique de Villepin nie avoir ét é désavoué par l'intervention de Chirac, vendredi. Il refuse d'entrer « dans ces jeux » où l'on « monte les uns contre les autres ». D'autres s'en sont chargés.

La presse tout d'abord, qui lui reproche d'avoir fait du CPE une « affaire personnelle », les syndicats étudiants aussi, pour qui il n'a pas pris « conscience de ce qui se passe dans le pays ». Même dans son camp, on lui reproche, à mots couverts, d'avoir refondé l'union de la gauche et des syndicats. Autant de critiques visant son isolement et son intransigeance. Pour l'eurodéputé UDF Jean-Louis Bourlanges, le Premier ministre a engendré « une amertume sociale extrêmement profonde qui se paiera à la présidentielle ». Il y a encore quelques semaines, il semblait un bon candidat potentiel pour 2007, c'est loin d'être le cas aujourd'hui.

De son côté, Villepin souligne que le « scénario » de la gestion du CPE a été « écrit à quatre mains », avec l'aval du Président. Si le Premier ministre esquisse un mea-culpa sur la gestion du dossier, « dans toute action, il y a une part d'erreur », il n'a pas l'intention de rester inactif : « Il est temps de trouver des solutions à l'anxiété profonde apparue ces derniers jours. » Il réunit aujourd'hui à Matignon son gouvernement pour « fixer le cap des prochains mois » : « le défi de l'emploi appelle des réponses dans beaucoup d'autres domaines. Nous avons du pain sur la planche », confie-t-il. En effet, il doit déjà rebondir, il vient d'atteindre à 29 %, sa plus mauvaise cote de confiance (-7) selon le baromètre TNS-Sofres-Figaro Magazine.

Arnaud Sagnard