La réintroduction d'ours slovènes tourne au western pyrénéen

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Les opposants à la réintroduction d'ours ont occupé samedi le petit village d'Arbas (Haute-Garonne), une des quatre communes pyrénéennes devant accueillir cinq ours à partir de la mi-avril. Les plantigrades, venus de Slovénie après un accord avec la France, doivent rejoindre les quatorze à dix-huit ours déjà présents dans les Pyrénées. Cette arrivée avait été annoncée il y a moins de trois semaines par la ministre de l'Ecologie, Nelly Olin.

Les manifestants répondaient à l'appel de l'Association pour la sauvegarde du patrimoine d'Ariège-Pyrénées (Aspap). Soutenus par des maires et des conseillers généraux, ils portaient un anorak noir sur lequel était inscrit : « Un ours en liberté, des vies en danger ». Les éleveurs dénoncent l'idée « impossible » d'une « cohabitation pacifique » avec les animaux. La manifestation a rapidement dégénéré, avec des jets de sang, de pétards et de bouteilles sur la mairie de ce village de 247 habitants. Les manifestants ont cassé des jardinières en béton, tagué des murs et brûlé une statue de bois représentant un ours. « La décision, prise à Paris sans concertation et dans le seul but de faire de la politique spectacle avec le soutien intéressé de quelques maires, est bien plus violente », a indiqué un porte-parole de l'Aspap. Un éleveur a affirmé qu'une attaque d'ours contre des brebis « dans un enclos électrifié » avait eu lieu la veille près de chez lui. Il souligne que « quatre des cinq ours slovènes seront des femelles (...) agressives avec les promeneurs et les bergers ».

« L'ours est responsable de 1 % des 15 000 à 20 000 brebis perdues chaque année par les éleveurs des Pyrénées », a rétorqué le maire (PS), François Arcangeli, protégé par des gardes mobiles. Il a annoncé samedi sa démission de son parti , « scandalisé que des élus socialistes aient participé à ces exactions ». Il a l'intention de porter plainte après les dégradations. Enfin, l'association Pays de l'Ours-Adet a demandé « la dissolution de l'Aspap ».

Arnaud Sagnard