Le front syndical ne baisse pas la garde devant les annonces de Chirac

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Loin de les satisfaire, le discours de Jacques Chirac n'a fait que renforcer leur détermination. Les syndicats ont déclaré, dès vendredi soir, qu'ils étaient toujours résolus à obtenir l'abrogation du dispositif du CPE, et non pas seulement son amendement, comme l'a proposé le président de la République. Jean-Claude Mailly (FO) a dénoncé un « passage en force », « incompréhensible », et « pas acceptable ». Dans la foulée, plusieurs organisations, dont la CGT et la CFE-CGC, ont prévenu qu'elles ne participeraient pas aux négociations programmées par le Président pour discuter d'aménagements au CPE avec le Premier ministre.

En réponse à une position qu'ils jugent « ambiguë », les syndicats veulent donc maintenir la pression de la rue. Le secrétaire général de la CGT, Bernard Thibault, a déclaré qu'il misait sur la mobilisation pour « faire en sorte que le Parlement vote une nouvelle loi », et qu'il préparait, avec l'ensemble des organisations syndicales, « une journée du 4 avril la plus forte possible ». L'intersyndicale a d'ailleurs déjà prévu de se réunir mercredi pour dresser le bilan de la journée d'action, et envisager la suite à donner au mouvement. De son côté, François Chérèque, secrétaire général de la CFDT a appelé hier à « faire pression sur les députés UMP, pour que la loi soit abrogée ». C'est le signe que les revendications, jusque-là adressées au gouvernement, changent de cible. Et que les syndicats ne considèrent plus le Premier ministre, Dominique de Villepin, comme leur principal interlocuteur.

Laure de Charette