Des CPE pourraient être signés dès lundi

©2006 20 minutes

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D u côté de Matignon, on veut solder le débat pour entrer dans du concret. En effet, après la validation, hier par le Conseil constitutionnel de la loi sur l'égalité des chances créant le CPE (lire ci-dessous), et si sa promulgation intervient comme prévu aujourd'hui, les premiers CPE pourraient être signés lundi. « Ce n'est pas notre souhait, nous ne voulons pas prendre les gens pour des cobayes », a assuré hier à 20 Minutes, Hervé Mariton, député UMP de la Drôme, proche du Premier ministre.

Selon des informations provenant de l'Elysée et de Matignon, l'objectif est de promulguer la loi pour tourner la page. « Le mot retrait n'existe pas, le mot suspension n'est dans le pouvoir de personne », a même précisé Jean-Louis Borloo, ministre de la Cohésion sociale.

C'est aussi l'analyse personnelle d'Hervé Mariton : « Il y a deux logiques à l'oeuvre aujourd'hui : la démocratie parlementaire et l'expression de la rue. Toutes les deux sont respectables, mais l'une ne doit pas prévaloir sur l'autre. Il faut solder ce débat et passer à autre chose. » « Autre chose », cela veut dire que le CPE ait une existence concrète. « Nous rentrerons alors dans une autre phase de concertation pour améliorer le CPE au niveau de la durée de la période de consolidation et de la motivation de la rupture de contrat, explique le député de la Drôme. Mais il faut être deux pour discuter. Si les partenaires sociaux ne veulent pas discuter, cela n'interdira pas le gouvernement d'être social pour deux. » En clair, le Premier ministre pourra décider de lui-même d'apporter des aménagements au CPE. Et il compte également sur d'éventuels accords interprofessionnels. Après avoir sondé le monde de l'entreprise, le gouvernement estime que les secteurs de la métallurgie, de la restauration rapide, de la distribution et du BTP sont intéressés par le CPE.

« De toute façon, nous avons une obligation de résultats rapides, estime Hervé Mariton. Nous devrons dire en six mois si le CPE a créé des emplois. Car si on fait tout ça, c'est qu'on y croit. »

David Carzon