Les policiers tentent de filtrer les casseurs

©2006 20 minutes

— 

« Garde à vous ! » Les rangs se figent, dans la cour du commissariat central de Versailles (Yvelines). Journée de manifestations oblige, le commissaire Montaut a entamé hier le briefing au petit matin. Dix minutes plus tard, la cinquantaine de policiers, membres de la brigade anticriminalité et de la sûreté urbaine se dispersent, les uns en scooter — quand il veut bien démarrer —, les autres en voitures banalisées. Avec en tête les mots d'ordre du jour : « Vigilance, anticipation, réactivité. »

Au même moment, à Viroflay (Yvelines), le directeur départemental adjoint de la sécurité publique donne le départ à la cellule de crise, constituée pour l'occasion. C'est une petite pièce, porte et fenêtres closes. Six policiers y sont suspendus au téléphone, en contact radio permanent avec les quatre cents agents qui patrouillent sur le terrain. « Grâce à cette cellule, on a une physionomie complète du département, explique le commissaire divisionnaire Castello. On sait en temps réel si des jeunes encapuchonnés rôdent autour d'un lycée à Mantes-la-Jolie, combien de manifestants se dirigent vers la gare de Trappes, quelle est l'ambiance devant l'hôtel de ville des Mureaux. »

Et, pour la première fois, l'inspecteur adjoint de l'académie, fonctionnaire de l'Education nationale, a rejoint l'équipe de policiers. Le portable à l'oreille, il appelle les proviseurs pour leur demander de repérer les jeunes extérieurs à leurs établissements qui tentent de se fondre dans les cortèges. Un dispositif unique en France qui permet aux groupes opérationnels d'interpellations de mieux cibler les casseurs. A 12 h 30, tous les jeunes ont pris le train pour rejoindre le défilé parisien. « Maintenant, ils sont entre les mains des collègues de Paris. »

Laure de Charette

Depuis 2001, des caméras et appareils photo sont mis à la disposition des membres des groupes d'interpellations. Ils peuvent désormais identifier les casseurs, et les interpeller quelques jours après à leur domicile, preuves à l'appui.