L'info a circulé, les voyageurs aussi

Sandrine Cochard

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Ce matin, 6h45 en gare de Fontenay-le-Fleury (78). Un train sur deux circule, pourtant, le quai est loin d’être bondé. Une jeune femme attend sagement : « Je me suis levée plus tôt, pour être sûre d’avoir ce train. D’habitude, je prends celui de 7h32. » La grande majorité des voyageurs a suivi son exemple et pris ses dispositions en s’informant la veille, auprès des stations ou sur Internet, sur l’état de la circulation.

Direction Paris Montparnasse où un petit attroupement de personnes attend, les yeux rivés sur les écrans d’informations. Il est 7h15 et la gare est calme. « J’attends depuis cinq minutes environ, j’ai pris un petit peu de marge pour prendre mon train habituel, » sourit un homme, nullement gêné par la grève. Un passager est là depuis 6h30, il doit se rendre à Dreux. « Le départ de mon train est prévu pour 7h35, normalement… » Un autre relativise : « Ça fait dix minutes que j’attends le train. Etant donné qu’il y a grève, je ne vois pas pourquoi on devrait se presser… De toutes façons, au bureau, mes collègues sont avertis, donc je prends mon temps. » Un Transilien, à destination de Plaisir-Grignon, prévu à 7h32, part à l’heure. Quelques appels au micro pour rappeler qu’une grève des cheminots perturbe la circulation des trains. Les guides en veste bleue de la SNCF ne sont visiblement pas débordés… A l’accueil de la gare Montparnasse, trois à quatre personnes attendent patiemment dans la file d’attente. Aucun énervement, aucune lassitude : la SNCF avait prévenu et le message est bien passé. En bas des escaliers, le métro : les perturbations oscillent entre le trafic normal et la circulation d’un métro sur trois. Un passager issu de la ligne 4 : « Aucune difficulté, au contraire, ça a même été plus vite que d’habitude ! »

Un passager, de bonne humeur : « Je suis parti en avance de chez moi, pour prendre le train de 7h31 au lieu de 8h06, car des trains étaient supprimés. Le train n’était pas bondé, j’ai même trouvé une place assise. Et là, je vais arriver en avance au boulot ! » Sur le CPE, ce fonctionnaire est de tout cœur avec les manifestants : « Le gouvernement n’a pas essayer de dialoguer avec les syndicats, d’où la situation de grève aujourd’hui, mais je les soutiens. » Les revendications des anti-CPE trouvent un bon écho, notamment auprès d’un médecin parisien qui s’apprête à prendre le métro : « Si je ne travaillais pas, j’irais les soutenir !» Deux femmes sont au contraire plus mitigées, voire hostiles au mouvement : « Je suis pour le CPE : nous n’avons jamais rien dit contre les emplois jeunes qui étaient un CDD de 5 ans aussi précaires que CPE. Faisons le test, si ça ne marche pas dans un an, on change. Ce matin, j’ai entendu qu’un collégien de 4ème faisait grève ! Un gamin de 14 ans, il ne faut quand même pas exagérer ! » « Moi aussi, renchérit son amie. C’est un contrat utilisé dans les autres pays européens, où il fonctionne bien. Alors avant de critiquer, il faut voir. » 
 

Le préavis de grève déposé par sept syndicats de cheminots court jusqu’à 8h demain matin. N’oubliez pas de prévoir votre retour, ce soir, sur le site http://www.abcdtrain.com/