Le « Routard », une institution à critiquer avec des pincettes

— 

 Pour avoir voulu plonger dans les coulisses du Guide du Routard, Baudouin Eschapasse, l’auteur de l’Enquête sur un guide de voyages dont on doit taire lenom(éd. du Panama), explique aujourd’hui subir
de « très nombreuses pressions ». Parmi elles, des « courriers menaçants » émanant d’avocats de Philippe Gloaguen, le fondateur de la marque Routard. Selon lui, la galaxie Hachette a pris peur en apprenant qu’un de ses anciens pigistes fouinait tous azimuts.
Un an d’enquête et cent cinquante interviews plus tard, le mythe « du guide baba cool où règne un esprit de famille » s’écroule. L’auteur accuse entre autres Philippe Gloaguen de vanter, dans le vade-mecum Martinique, les mérites d’un hôtel, sans mentionner qu’il en détient 50% du capital, de camoufler l’absence d’actualisation régulière du guide par une maquette renouvelée ou encore d’accepter que certains partenaires, comme la mairie de Lille, puissent modifier le descriptif de la ville. « La légende dorée qu’il a tissée depuis trente ans ne reflète pas la réalité. C’est parce qu’il donne des leçons aux autres guides qu’on peut être plus exigeant avec lui. » Faux, archifaux, répond l’intéressé dans Une vie de Routard (éd. Calmann- Lévy), l’autobiographie qu’il vient de publier. Comme pour rétablir sa vérité.

Laure de Charette