Outreau : l'ENM ne veut pas lâcher la barre

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« Nous sommes tout sauf des inquisiteurs », se défend Jacques Remiller, député (UMP) de l'Isère. Venus s'informer du fonctionnement de l'Ecole nationale de la magistrature (ENM) de Bordeaux, hier, la quinzaine de parlementaires de la commission d'enquête sur l'affaire Outreau a eu du mal à gagner la confiance de son directeur, Michel Dobkine. « Nous sommes au droit ce que l'école Boulle est aux arts décoratifs », a-t-il déclaré. Il préconise la création de « pôles de compétences » qui regrouperaient, en fonction des affaires, magistrats, policiers et médecins, plutôt qu'une réforme de la justice et de son enseignement.

Une position défensive, en réaction au barreau de Paris, qui s'était prononcé pour la suppression de l'ENM, la semaine dernière. Moins convaincus, les élèves de l'ENM ont reconnu que « des cours de psychologie et des interventions d'avocats » manquaient à leur formation. Quant à savoir si des liens existent entre cette formation et le fiasco d'Outreau, Michel Dobkine a renvoyé la balle aux députés : « Je n'ai pas le dossier et j'attends votre rapport », a-t-il lancé. Hasard ou coïncidence, des évolutions sont prévues pour la rentrée prochaine : une vingtaine d'élèves avocats pourrait se mêler aux futurs magistrats et l'enseignement des droits de la défense devrait être confié à des avocats en exercice. Un ancien magistrat de la Cour suprême américaine et un professeur de psychologie devraient même rejoindre l'équipe. « Mais il nous faut 3 millions d'euros de plus », a tempéré Michel Dobkine. Ponctuée de stages sur le terrain, la formation à l'ENM dure trente et un mois.

Marion Guillot