La semaine de tous les dangers pour le Premier ministre et les anti-CPE

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Demain est un tournant. La journée de manifestations de salariés, d'étudiants et de lycéens, sera décisive dans cette nouvelle semaine de bras-de-fer entre Dominique de Villepin et les opposants au contrat première embauche (CPE). Après l'échec, ce week-end, des tentatives du Premier ministre pour désamorcer la crise ou créer une brèche dans le front syndical (lire ci-dessous), l'ampleur de la mobilisation sera primordiale. Jusqu'à demain, aucune rencontre officielle n'est prévue, au grand étonnement de François Chérèque, secrétaire général de la CFDT. « Le gouvernement nous demande donc d'organiser notre manifestation », a-t-il ironisé.

Tout le monde attend de faire les comptes demain avant d'enclencher de nouvelles discussions. Pour le sénateur socialiste Jean-Luc Mélenchon, si ces manifestations « réunissent 1,5 million de personnes, les choses seront différentes mercredi ». L'intersyndicale qui a fait du retrait du contrat première embauche un « préalable » à la négociation, a prévu de se réunir dès mercredi. FO a prévenu qu'elle « proposerait la poursuite de la grève » si le Premier ministre, « au soir du 28 mars, ne retirait pas le CPE ». La coordination nationale étudiante a, elle, demandé hier la démission du gouvernement en plus du retrait du CPE. Samedi, le Premier ministre a semblé faire un timide pas en arrière, en marquant sa volonté de « trouver une solution par le dialogue », il a même été reçu discrètement avec Jean-Louis Borloo et Gérard Larcher à l'Elysée samedi soir, signe que Jacques Chirac surveille l'épineux dossier. Villepin entend répondre « aux deux préoccupations majeures des jeunes », à savoir la période d'essai de deux ans et la non-motivation du licenciement. Mais il est encore question d'explications et non d'aménagements, ou de retrait. Le Premier ministre doit revoir les organisations étudiantes cette semaine. Hier soir, c'est une proche de Chirac qui a fait entendre sa voix : Michèle Alliot-Marie, ministre de la Défense, a appelé à « discuter de la durée du CPE et de la motivation ».

Autre événement décisif cette semaine : le Conseil constitutionnel, saisi par l'opposition, devrait rendre jeudi sa décision concernant la loi sur l'égalité des chances et le CPE. Et ce soir, Nicolas Sarkozy tiendra un grand meeting à Douai où il devrait faire entendre sa différence. Le président de l'UMP et ministre de l'Intérieur a appelé samedi à un « compromis ». David Carzon