Figures et figurants au procès de l'OM (II)

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D'autres peines de prison ferme ont été requises contre trois agents de joueurs: Jean-François Larios (un an ferme), Licio d'onofrio (un an ferme) et Gilbert Sau (deux ans ferme avec mandat de dépôt à lecture du délibéré).
D'autres peines de prison ferme ont été requises contre trois agents de joueurs: Jean-François Larios (un an ferme), Licio d'onofrio (un an ferme) et Gilbert Sau (deux ans ferme avec mandat de dépôt à lecture du délibéré). — Anne-Christine Poujoulat AFP

Licio d’Onofrio, service dédouane

Ne le dite pas à Licio d’Onofrio, mais il semblerait qu’il y ait quelque chose de pourri au royaume du foot. L’agent de joueur et ami de Robert Louis-Dreyfus est convaincu que seuls « 10% des transferts donnent lieu à une surfacturation ». Alors que Rolland Courbis lui-même évalue ce pourcentage à 90%. Et pourtant Licio n’est pas n’importe qui dans le ballon (rond). A la grande époque, il « avait » 35 joueurs. « En 1997-1998, j’ai dû faire 20 à 30 transferts par an » se souvient-t-il à la barre. Mais comme Licio n’est pas homme de chiffres, il délègue tout à un homme de confiance qui s’empresse de faire transiter argent et factures par Panama et le Liechstentein, ou par les Pays-Bas quand exceptionnellement un club refuse de traiter avec une société implantée dans un paradis fiscal. Crâne rasé et costume cintré, d’Onofrio, né de parents émigrés, s’exprime dans un savoureux accent belge mâtiné d’une pointe d’italien. Les commissions sur les transferts, pour lui, c’est normal : « quand un transfert ne se fait pas, l’agent a les frais de voyages et d’hôtel à sa charge. Ça équilibre ». Et agent de joueur c’est un métier de chien : vos poulains ne sont pas reconnaissants. « Jamais Dugarry ne m’a reversé quoi que ce soit de son salaire » assure d’Onofrio. Contraint et forcé, l’agent se paie sur la bête en facturant ses services à l’OM, ce qui pose un léger problème juridique : comment défendre à la fois les intérêts du club et du joueur dans la même négociation ?
D’Onofrio est toujours à la frontière : alors qu’il n’est pas l’agent de Ravanelli, il joue quand même les intermédiaires et c’est par lui que transite la commission. « L’intérêt d’un agent, c’est que ça évite aux dirigeants de club de se contacter directement pour parler d’un joueur, estime d’Onofrio Un contact direct serait une telle preuve d’intérêt qu’elle fait grimper les prix ». Sauf que ce sont rarement les clubs qui viennent chercher les agents, plutôt le contraire. Dans le dossier Ravanelli, c’est d’Onofrio qui avertit l’OM que l’attaquant est transférable. Et il est payé pour ça. Mais comme il le dit avec force à la barre à propos des commissions perçues sur Ibrahim Ba : « en Suisse, c’est pas occulte ! ».
F.L.